Le Cameroun face à une absence présidentielle sans précédent : quelles solutions pour l’institution ?
Le chef de l’État camerounais, Paul Biya, parti en séjour privé en Europe le 7 juin 2026, n’a toujours pas regagné le Palais de l’Unité. Officiellement, son absence n’est justifiée que par un bref communiqué du Cabinet civil, sans précision sur sa destination ni les raisons de son déplacement. Pourtant, après plus de quarante jours d’absence, les interrogations s’accumulent tant au sein de la population que parmi les acteurs politiques.
La présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Patricia Tomaino Ndam Njoya, s’est exprimée publiquement pour dénoncer l’opacité entourant cette situation. Selon elle, l’absence prolongée du président de la République menace la stabilité des institutions et souligne l’urgence de clarifier les mécanismes de continuité de l’action publique. L’UDC rappelle que la Constitution, révisée en avril 2026, prévoit notamment la nomination d’un vice-président, une mesure visant à garantir la continuité de l’État en cas d’empêchement temporaire.
Dans une déclaration officielle, le parti souligne plusieurs lacunes dans la gestion de cette absence. Parmi les propositions avancées :
- Encadrer strictement les absences prolongées du chef de l’État par des règles précises et des délais définis ;
- Garantir une communication transparente envers la population et les institutions parlementaires ;
- Prévoir une délégation expresse des fonctions présidentielles lorsque la situation l’exige, avec une publication officielle ;
- Établir une procédure impartiale pour constater un empêchement temporaire ou définitif ;
- Éviter tout blocage institutionnel en clarifiant sans délai la continuité de l’État.
Cette absence prolongée survient dans un contexte politique déjà tendu au Cameroun. Depuis la dernière élection présidentielle, qui a marqué le début du huitième mandat de Paul Biya, les attentes étaient fortes quant à la formation d’un nouveau gouvernement. Pourtant, plus de six mois après, l’équipe gouvernementale n’a toujours pas été annoncée. De même, la révision constitutionnelle d’avril 2026, qui devait permettre la nomination d’un vice-président, reste lettre morte.
Les Camerounais s’interrogent d’autant plus que des incidents récents ont mis en lumière les risques liés à cette vacance institutionnelle. Des faux décrets présidentiels, publiés sur la chaîne publique, ont failli déclencher une crise majeure, révélant la vulnérabilité des institutions en l’absence du chef de l’État. Par ailleurs, l’approche des élections législatives et municipales, prévue pour la fin du mois de juillet 2026, ajoute une pression supplémentaire sur le paysage politique.
Dans ce contexte, l’UDC n’est pas le seul à s’inquiéter. Des mouvements citoyens, comme la Brigade Anti Sardinard, ont manifesté devant la résidence présidentielle à Yaoundé, exigeant le retour immédiat de Paul Biya. Leur action, bien que symbolique, reflète un malaise grandissant dans la société camerounaise, où la confiance dans les institutions semble s’effriter.
Face à cette situation, les appels à une gestion transparente et responsable de l’absence présidentielle se multiplient. Les Camerounais attendent des réponses claires : où se trouve le président ? Pourquoi son absence se prolonge-t-elle ? Et surtout, comment garantir la continuité de l’État dans ces circonstances ?

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