23 mai 2026

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Rupture au sommet de l’État : Bassirou Diomaye Faye démet Ousmane Sonko de ses fonctions

Un séisme politique vient de secouer le Sénégal. Par voie de décret, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis un terme aux responsabilités de son Premier ministre, Ousmane Sonko. Cette décision, annoncée tard dans la soirée de vendredi, entraîne la dissolution immédiate de l’ensemble de l’équipe gouvernementale.

L’ex-Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, le 26 septembre 2024 à Dakar

C’est par la voix du secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, que la nouvelle a été diffusée. Le communiqué précise que les ministres et secrétaires d’État sortants resteront en place uniquement pour assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe.

Une fin de collaboration après des mois de tensions

Ce divorce politique marque le point culminant de plusieurs mois de frictions entre les deux hommes. Pourtant, l’ascension de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême doit beaucoup à Ousmane Sonko. Empêché de concourir lors de la présidentielle de février 2024 suite à une condamnation pour diffamation, le leader charismatique avait alors désigné Faye pour porter les couleurs de leur mouvement.

Porté par un discours panafricaniste et une forte popularité auprès de la jeunesse, Ousmane Sonko avait été le moteur de la victoire électorale face au camp de Macky Sall. Cependant, une fois au pouvoir, l’influence du Premier ministre semble être devenue un point de discorde avec le chef de l’État, rendant leur cohabitation de plus en plus fragile.

Réactions et climat politique à Dakar

Peu après l’annonce de son éviction, Ousmane Sonko a réagi avec sérénité sur les réseaux sociaux. Il a exprimé son soulagement, affirmant qu’il retrouverait son domicile du quartier Keur Gorgui avec le « cœur léger ». À Dakar, des scènes de soutien ont été observées devant sa résidence, où de nombreux partisans se sont rassemblés spontanément pour scander son nom.

Malgré ce limogeage, le poids politique de l’ancien chef du gouvernement reste considérable. Son parti conserve en effet une majorité écrasante au sein de l’Assemblée nationale, issue des élections législatives de novembre 2024, ce qui laisse présager une suite complexe pour la gouvernance du pays.