Le paysage politique sénégalais vient de connaître un séisme majeur. Par voie de décret, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis un terme aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi qu’à l’ensemble de son équipe gouvernementale ce vendredi soir.
L’annonce a été faite solennellement à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba. Ce dernier a précisé que le chef de l’État a signé l’acte mettant fin à la mission de monsieur Ousmane Sonko à la Primature, entraînant par ricochet la dissolution du cabinet ministériel et des secrétariats d’État.
Dans l’attente de la formation d’une nouvelle équipe, les membres du gouvernement sortant ont reçu pour instruction d’expédier les affaires courantes. Cette décision marque un tournant brutal dans l’alliance qui avait porté le duo au sommet de l’État lors de la présidentielle de 2024.
De l’alliance historique à la désunion
Ancien leader charismatique de l’opposition sous le régime de Macky Sall, Ousmane Sonko avait été écarté de la course à la présidence suite à une condamnation pour diffamation. Ce revers judiciaire, qui l’avait privé de ses droits civiques, avait déclenché d’importants mouvements de contestation à travers le pays. C’est dans ce contexte qu’il avait propulsé Bassirou Diomaye Faye comme son remplaçant naturel pour porter les couleurs de leur projet politique.
Cependant, depuis l’accession au pouvoir de Faye, les relations entre le président et son ancien mentor n’ont cessé de se dégrader. L’influence prépondérante du Premier ministre, dont le discours panafricaniste séduit massivement une jeunesse en quête de changement, semblait de plus en plus entrer en collision avec l’autorité présidentielle.
Une réaction immédiate sur les réseaux sociaux
Peu après l’officialisation de son éviction, Ousmane Sonko a brisé le silence sur ses plateformes numériques. « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », a-t-il partagé, faisant référence à son quartier de résidence à Dakar.
L’annonce a provoqué une onde de choc immédiate dans la capitale. Des rassemblements spontanés de partisans ont été observés aux abords de son domicile, où des citoyens sont venus scander son nom en signe de soutien. Cette rupture intervient alors que la formation politique de Sonko détient une majorité écrasante au sein de l’Assemblée nationale depuis le scrutin législatif de novembre 2024, laissant planer une incertitude sur la future cohabitation institutionnelle au Sénégal.

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