30 mai 2026

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Sahel : le HCR lance un cri d’alarme face à une crise humanitaire oubliée

Une crise humanitaire qui s’intensifie dans l’indifférence

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé vendredi son inquiétude face à l’escalade rapide d’une crise humanitaire souvent négligée dans la région du Sahel. D’après les données d’avril 2024, les conflits incessants, aggravés par les conséquences de la crise climatique, ont forcé plus de 3,3 millions de personnes à se déplacer au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

« Ce nombre impressionnant de civils déplacés de force exige une action internationale immédiate pour éviter qu’il ne s’aggrave », a alerté Alpha Seydi Ba, porte-parole du Bureau régional du HCR en Afrique de l’Ouest et Centrale, lors d’un point de presse à Genève. La situation sécuritaire volatile dans le Sahel central pousse continuellement les populations à fuir leurs foyers à la recherche de sécurité.

Les risques pour les civils sont omniprésents. Les enquêtes du premier trimestre 2024 indiquent que les communautés déplacées et les populations d’accueil considèrent les vols, les attaques et la violence sexiste comme les menaces les plus importantes. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés à l’exploitation, aux abus et à la traite.

Des déplacements massifs à l’intérieur et au-delà des frontières

Au cours des quatre dernières années, 2,8 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur même du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Durant cette même période, le nombre de réfugiés fuyant ces trois pays a grimpé pour atteindre 550 000.

Au Burkina Faso, la double menace de la violence et de conditions de vie inadéquates nourrit un cycle de fragilité. L’actualité au Burkina Faso est marquée par cet exode : au cours de l’année écoulée, plus de 117 000 réfugiés burkinabés ont trouvé refuge dans les pays côtiers voisins.

La crise a des répercussions régionales profondes. On compte actuellement plus de 200 000 réfugiés maliens en Mauritanie, 130 000 au Niger et près de 40 000 au Burkina Faso. Environ 50 000 autres ont fui en Algérie mais n’ont pas accès aux procédures d’asile. Simultanément, le Mali accueille près de 94 000 réfugiés, principalement venus du Burkina Faso, du Niger et de Mauritanie, tout en gérant la situation de plus de 354 000 personnes déplacées sur son propre sol.

Dicko, mère déplacée sur le site de Sokoura au Mali

Un appel à une approche globale et solidaire

Selon le HCR, l’intensification des mouvements transfrontaliers souligne la gravité de la crise et l’impératif d’investir dans la protection, l’assistance et des solutions durables pour le Sahel. Bien que des efforts considérables soient déployés, ils demeurent insuffisants.

L’agence onusienne plaide auprès de la communauté internationale pour que l’aide soit maintenue malgré l’instabilité politique dans la région, afin de ne pas exacerber les problèmes et d’éviter de futures crises. Le HCR appelle à investir dans les systèmes sociaux et de protection essentiels et à soutenir les communautés avant qu’elles ne soient contraintes de fuir.

Une approche concertée entre les acteurs de l’humanitaire, du développement et de la paix est indispensable. Il est également suggéré de rediriger les fonds vers les organisations locales qui œuvrent sur le terrain pour une réponse plus efficace.

Pour répondre à ces besoins urgents, le HCR a besoin de plus de 443 millions de dollars pour ses opérations au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Mauritanie et dans les pays du Golfe de Guinée.