12 mai 2026

Sénégal : el malick ndiaye défend une gestion souveraine de la dette sans restructuration

Le Sénégal affiche une position ferme et sans ambiguïté concernant sa dette publique. Lors d’une rencontre organisée à Dakar, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a réitéré l’opposition totale de l’État à toute restructuration de sa dette souveraine. Selon lui, cette approche ne serait pas seulement économique, mais aussi politique, privilégiant une gestion autonome plutôt qu’une négociation avec des créanciers extérieurs. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des déclarations officielles depuis la révélation, fin 2024, d’un endettement bien plus élevé que les chiffres initialement communiqués.

une doctrine économique intransigeante face aux partenaires internationaux

Depuis plusieurs mois, le duo Diomaye Faye et Ousmane Sonko a fait de ce refus de restructuration un pilier de sa politique économique. Pour les autorités sénégalaises, engager une telle procédure équivaudrait à reconnaître un défaut de paiement et à compromettre durablement la crédibilité financière du pays sur la scène internationale. El Malick Ndiaye a souligné l’importance de cette décision, qui dépasse le simple cadre budgétaire pour s’inscrire dans une logique de souveraineté nationale.

Cette position contraste avec les attentes de nombreux partenaires multilatéraux. Le FMI, dont le programme avec le Sénégal est suspendu depuis la publication des nouvelles estimations de la dette, a maintes fois insisté sur la nécessité de rétablir une trajectoire budgétaire viable. Parallèlement, les agences de notation ont dégradé à plusieurs reprises la note souveraine du Sénégal, ce qui renchérit le coût d’un retour sur les marchés financiers internationaux.

les leviers internes pour une gestion autonome de la dette

La stratégie défendue par El Malick Ndiaye repose sur plusieurs axes déjà mis en avant par le gouvernement. Parmi ceux-ci figurent l’élargissement de l’assiette fiscale, la maîtrise des dépenses publiques, la renégociation ciblée de contrats jugés désavantageux, ainsi que l’optimisation des recettes issues des ressources naturelles. Si le champ pétrolier de Sangomar et le projet gazier de Grand Tortue Ahmeyim devraient progressivement alimenter les caisses de l’État, leur contribution ne suffira probablement pas, à elle seule, à inverser la tendance de l’endettement.

Le ratio dette/PIB, réévalué par la Cour des comptes, dépasse désormais les seuils fixés par l’UEMOA. Dans ce contexte, le défi pour Dakar est de dégager des marges de manœuvre budgétaires sans rompre avec ses bailleurs traditionnels. La situation est d’autant plus complexe que le service de la dette grignote une part croissante des recettes nationales, limitant ainsi les investissements dans les secteurs sociaux et les infrastructures.

un message clair aux investisseurs et à la population

L’intervention du président de l’Assemblée nationale s’adresse à plusieurs acteurs clés. Aux investisseurs, elle envoie un signal fort : le Sénégal reste un débiteur fiable, déterminé à honorer ses engagements sans recourir à un mécanisme de défaut organisé. À la population, elle réaffirme l’engagement du gouvernement à rompre avec les modèles de dépendance financière. Enfin, aux partenaires régionaux, elle renforce l’image d’un pays revendiquant une autonomie économique, dans une Afrique de l’Ouest où la question de la souveraineté financière prend une place centrale.

La réussite de cette stratégie dépendra, cependant, de la capacité du gouvernement à concrétiser, dans les prochains budgets, des avancées tangibles en matière de collecte des recettes et de contrôle des dépenses. Bien que le retour à un accord avec le FMI ne soit pas d’actualité sous sa forme classique, certains économistes africains estiment qu’un compromis technique pourrait émerger pour faciliter l’accès à des financements concessionnels.

Pour El Malick Ndiaye, l’enjeu va au-delà de la simple gestion comptable : il s’agit de tester la viabilité d’un modèle économique aligné sur le discours souverainiste porté depuis l’arrivée au pouvoir du Pastef. Le président de l’Assemblée a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’adopter une vision de long terme, excluant toute interprétation conjoncturelle de la position sénégalaise.

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