12 mai 2026

Situation lgbtq+ au Sénégal : persécutions et loi anti-homosexualité

Situation LGBTQ+ au Sénégal : persécutions et loi anti-homosexualité

Une vague de répression s’abat sur les personnes homosexuelles au Sénégal, où des centaines d’arrestations et des lynchages ont été recensés en quelques semaines seulement.


La situation des personnes LGBTQ+ au Sénégal s’aggrave de manière alarmante. Selon les informations recueillies, plus d’une centaine d’hommes ont été interpellés ces dernières semaines, certains étant lynchés par la foule après avoir été identifiés comme homosexuels. Une nouvelle loi, plus répressive que jamais, punit désormais ces actes de cinq à dix ans de prison ferme.

Un homme témoigne sous couvert d’anonymat : « À tout moment, tu te dis qu’on peut venir t’attraper. Tu ne peux pas vivre. Tu es obligé de vivre caché de tout le monde. Ça ne peut plus durer, ce n’est pas une vie. Avoir peur tout le temps, ce n’est pas possible. »

Une traque quotidienne et des arrestations arbitraires

Les scènes de persécution se multiplient à Dakar et dans d’autres villes du pays. Un homme a récemment été passé à tabac par une foule en colère, simplement parce qu’il était suspecté d’être homosexuel. « Góor-jigéen », une insulte en wolof signifiant « homme-femme », résonne dans les rues pour désigner les personnes LGBTQ+.

Les témoignages recueillis révèlent une réalité glaçante : certains préfèrent se rendre à la police pour éviter d’être lynchés par la foule ou leurs voisins. « C’est de la haine. On leur a fait croire qu’il faut détester un homosexuel pour être plus croyant. Que si tu tues un homosexuel, tu iras au paradis. Mais aimer les hommes ou les femmes, c’est une question personnelle, ça ne regarde que toi et Dieu. »

Une loi ultra-répressive adoptée à l’unanimité

Le gouvernement sénégalais a récemment doublé et durci les peines pour les actes homosexuels. Cette nouvelle loi, adoptée à l’unanimité par les députés, prévoit des peines de cinq à dix ans de prison ferme.

Un député déclare sans ambiguïté : « Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. » Un autre ajoute : « Nous considérons que les valeurs LGBTQ+ constituent un poison culturel savamment inoculé dans notre peuple. »

Un cas illustre l’ampleur de la répression : un ingénieur français de 30 ans a été arrêté en février 2026 à Dakar. Sur les photos publiées par la police, il apparaît entouré par trois autres suspects arrêtés le même jour. Il est toujours en prison aujourd’hui.

Impact sur la santé des personnes LGBTQ+

Dans ce climat de terreur, les personnes homosexuelles porteuses du VIH n’osent plus se rendre dans les centres de santé pour récupérer leurs traitements par crainte d’être arrêtées. « Soigner quelqu’un de séropositif, qu’il soit homosexuel ou non, relève de notre devoir médical. Nous ne pouvons pas baisser les bras. Ce sont des personnes qui comptent sur nous. », explique le docteur Safiathou Thiam, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le sida au Sénégal.

La nouvelle loi prévoit également des peines pour ceux qui viennent en aide aux homosexuels, ce qui met en danger les soignants et les associations qui tentent de soutenir cette communauté.

Face à cette situation, le docteur Thiam reste « inquiète mais aussi confiante ». Elle espère « un retour à la raison ».