Derrière la vitrine officielle, une réalité plus complexe se dessine. Le vendredi 9 octobre 2026, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Habib Bignon Agonkan, a posé ses valises à Cana, au cœur de la Base aérienne qui abrite l’École aéronautique militaire (EAM-Cana). Une immersion qui, sous couvert d’inspection routinière, lève le voile sur les ambitions, les failles et les non-dits d’un pan stratégique de la défense béninoise.
Une école au cœur des besoins croissants de l’armée de l’air
L’EAM-Cana n’est pas une simple école. Implantée au sein de la Base aérienne de Cana, elle constitue le poumon de la formation aéronautique des Forces armées béninoises. Pilotage, maintenance aéronautique, contrôle aérien, soutien technique : les spécialités enseignées répondent à des besoins opérationnels de plus en plus pressants. Les salles de cours, les simulateurs de vol, les ateliers techniques et les espaces dédiés à l’innovation témoignent d’une volonté de professionnalisation. L’établissement participe également à la formation des 100 pilotes de drones recrutés par l’État-Major général, un signal fort dans un contexte sécuritaire régional tendu.
Une visite ministérielle aux allures de diagnostic en profondeur
Accueilli par le lieutenant-colonel Olayéni Thierry Monda, commandant de la Base aérienne de Cana, Gildas Agonkan a suivi une série de présentations détaillant les missions, les équipements et les difficultés rencontrées par les structures stationnées sur la base. Le 1er Bataillon d’artillerie mixte, l’École nationale des officiers et le Centre de formation aux opérations de maintien de la paix figuraient parmi les unités passées en revue. Derrière ces exposés, c’est un état des lieux sans fard qui a été dressé : des besoins en infrastructures, en équipements et en moyens pédagogiques qui peinent parfois à suivre la montée en puissance des effectifs.
Des infrastructures pédagogiques et techniques sous tension
La délégation a ensuite parcouru les installations de l’EAM-Cana : salles de cours, simulateurs de vol, ateliers de maintenance. Une démonstration de drone de reconnaissance, piloté par des élèves militaires en formation, a illustré le savoir-faire naissant. Mais c’est lors de l’inspection de la piste d’atterrissage de l’aérodrome que le tableau s’est assombri. Son état vieillissant ne répondrait plus aux normes et aux besoins actuels, selon les responsables de la base. Un constat qui met en lumière l’urgence de investissements pour maintenir la capacité opérationnelle.
Former sur le sol national : un enjeu de souveraineté aérienne
Au terme de cette immersion, Gildas Agonkan a salué le travail du commandement et l’engagement des instructeurs et des stagiaires. Il a surtout martelé une conviction : former les pilotes et techniciens sur le territoire national est indispensable pour renforcer l’autonomie du Bénin dans le domaine aéronautique militaire. Le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner le développement de l’école, avec une ambition affichée : faire de l’EAM-Cana un pôle de référence sous-régional.
Des investissements indispensables pour une ambition régionale
Pour atteindre cet objectif, des investissements seront nécessaires dans les infrastructures, les équipements et les moyens pédagogiques. Les exigences croissantes de la formation aéronautique, couplées aux besoins sécuritaires, imposent une montée en gamme. Derrière cette visite, les autorités mettent en avant le rôle de la formation spécialisée dans la modernisation des Forces armées béninoises. Le développement de l’EAM-Cana apparaît ainsi comme un enjeu de souveraineté aérienne, mais aussi comme un révélateur des défis à relever pour transformer une école prometteuse en véritable pilier stratégique.










