2 juin 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Tensions à Niono : de graves accusations d’exactions pèsent sur le centre du Mali

Le 31 mai dernier, une déclaration du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a relancé le débat sur la situation humanitaire dans le centre du Mali. L’organisation pointe du doigt les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs partenaires russes d’Africa Corps, les accusant d’avoir mené des opérations violentes contre des villageois de la communauté Peul dans le cercle de Niono.

Cette zone de la région de Ségou se retrouve une fois de plus sous le feu des critiques. Les rapports font état de victimes civiles et de destructions matérielles, bien que le verrouillage de l’information dans cette partie du territoire rende toute vérification indépendante extrêmement complexe. Le conflit, qui s’enlise dans le delta central, semble de plus en plus marqué par des tensions communautaires exacerbées.

La manipulation des identités au service de l’insurrection

L’insistance sur le ciblage de la communauté Peul n’est pas anodine dans la stratégie de communication du JNIM. En se présentant comme le défenseur des populations pastorales, le groupe affilié à Al-Qaïda cherche à exploiter le sentiment de stigmatisation ressenti par certains habitants. Pour les insurgés, l’objectif est clair : fragiliser la cohésion nationale et renforcer leur base de recrutement locale en s’érigeant en rempart contre les forces régulières.

Cette guerre de l’information est devenue un pilier central du conflit. Chaque incident est immédiatement transformé en outil de propagande pour tenter de délégitimer l’action de l’État à Bamako.

L’offensive militaire et le défi des droits humains

Face à ces accusations, les autorités maliennes maintiennent leur ligne de conduite. Les FAMa, appuyées par les unités d’Africa Corps, intensifient leurs manœuvres dans la région de Ségou pour déloger les groupes armés terroristes. Bamako réaffirme régulièrement que ses troupes agissent dans le strict respect des droits de l’homme et rejette les allégations d’exactions, les qualifiant souvent de tentatives de déstabilisation médiatique.

Cependant, l’opacité entourant les méthodes de combat et l’absence d’accès pour les observateurs neutres alimentent les inquiétudes. Les dommages collatéraux lors d’opérations ultra-offensives restent une préoccupation majeure pour la stabilité à long terme du pays. Pour éviter une spirale de violences interethniques, la protection des civils, sans distinction, demeure l’enjeu crucial de cette crise qui déchire le Mali.