31 mai 2026

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Tensions au Niger : le général Tiani accuse la France après l’assaut sur l’aéroport de Niamey

Le climat diplomatique entre Niamey et Paris s’assombrit davantage. Suite à une offensive violente contre l’aéroport de Niamey, le leader de la junte nigérienne a publiquement remercié la Russie pour son soutien militaire tout en lançant de graves accusations contre l’Élysée. Le général Abdourahamane Tiani a désigné nommément Emmanuel Macron, ainsi que les présidents Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, comme étant les commanditaires de cette opération.

Le bilan communiqué par les autorités militaires fait état de vingt assaillants neutralisés, parmi lesquels figurerait « un Français », tandis que onze autres individus ont été capturés. Du côté des forces régulières, quatre soldats ont été blessés lors des affrontements qui ont duré environ trente minutes dans la nuit de mercredi à jeudi.

Cette image satellite montre la zone militaire de l'aéroport de Niamey au Niger.

Un site stratégique au cœur des enjeux régionaux

L’aéroport de Niamey n’est pas une cible anodine. Il abrite la base aérienne 101, des installations de drones de pointe, ainsi que le centre de commandement de la Force unifiée regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Cette structure est essentielle pour la politique burkinabè et régionale de lutte contre l’insécurité. Au-delà de l’aspect militaire, le site stocke une cargaison massive de plus de 1 000 tonnes d’uranium, objet d’un litige féroce avec le groupe français Orano, qui dénonce une expropriation par l’État nigérien.

Le ministre de la Défense, le général Salifou Modi, a qualifié les assaillants de « groupe de mercenaires télécommandés ». En réponse, le général Tiani a adressé une mise en garde sévère aux dirigeants ouest-africains et français, affirmant que le Niger ne resterait plus passif face à ce qu’il qualifie d’agressions extérieures.

L’ombre de la menace djihadiste

Malgré les accusations de la junte pointant des ingérences étrangères, de nombreux experts privilégient la piste terroriste. Le Niger est en effet la cible récurrente du JNIM (lié à Al-Qaïda) et de l’État islamique au Sahel (EIS), particulièrement dans les zones frontalières. L’actualité Burkina Faso montre des défis similaires pour les pays membres de l’Alliance des États du Sahel. Cependant, aucune revendication officielle n’avait été enregistrée jeudi soir, laissant planer le doute sur l’identité réelle des auteurs de cette incursion armée en plein cœur de la capitale.