11 mai 2026

Togo : l’armée doit protéger, pas frapper les civils

L’armée togolaise est théoriquement là pour garantir la sécurité des citoyens. Pourtant, au Togo, une réalité troublante émerge : des soldats s’introduisent dans les domiciles privés pour y exercer des violences gratuites contre des civils sans défense.

Une intrusion qui brise la confiance

Un foyer, quelle que soit sa localisation, devrait être un refuge inviolable. Pourtant, au Togo, des militaires enfoncent des portes sans mandat, sous prétexte de « donner une leçon ». Ces intrusions ne relèvent plus de la protection, mais de la terreur organisée.

À Lomé, Sokodé ou dans d’autres villes, ces descentes musclées se transforment en scènes d’humiliation ou de brutalité. Frapper un homme devant sa famille ou un jeune dans sa propre cour n’a rien de noble. Ces actes ne reflètent en rien le courage, mais bien un manque criant de discipline et de professionnalisme.

L’impunité comme méthode de gouvernement

Quand un soldat passe à l’acte, ce n’est pas une simple « brebis galeuse ». C’est le symptôme d’une hiérarchie qui tolère ces comportements ou pire, qui les encourage comme outil de contrôle. Les conséquences sont lourdes :

  • Une méfiance généralisée : Un citoyen victime de brutalité par ceux qui devraient le protéger ne pourra plus faire confiance à l’État.
  • Un climat de révolte : Traiter la population comme un ennemi ne fait pas respecter, cela nourrit la haine et alimente les tensions sociales.
  • Une violation flagrante du droit : Aucune loi togolaise, ni aucun règlement militaire, n’autorise ces exactions. Frapper des civils chez eux est un acte illégal, point final.

Des militaires mal préparés à leur rôle

Le cœur du problème réside dans la confusion des missions. Les soldats sont formés pour le combat, pas pour exercer des fonctions policières. Résultat : les rues deviennent des zones de tension, et les voisins, des cibles potentielles.

Comme le soulignait un observateur avisé : « Une armée que le peuple craint n’est plus une armée nationale, c’est une force d’occupation sur son propre sol. »

soldats togolais en patrouille

Vers une armée respectueuse et responsable

L’honneur d’un militaire ne se mesure pas à sa capacité à frapper des civils désarmés, mais à son respect des lois et à sa protection inconditionnelle de chaque citoyen, quelle que soit son opinion.

Pour inverser cette tendance, l’impunité doit cesser. Tant que les auteurs de ces violences ne seront pas sanctionnés, la fracture entre la population et l’armée ne fera que s’agrandir. Le Togo a besoin de stabilité par la justice, pas par la peur.