La ville de Kidal, au Mali, est au cœur d’une lutte intestine entre deux figures touarègues de premier plan : El Hadj Ag Gamou et Alghabass Ag Intallah. Leur rivalité, qui s’est intensifiée ces derniers mois, menace de plonger la région dans une nouvelle spirale de violences.
Un duel historique aux enjeux politiques majeurs
Les tensions entre les deux hommes ne datent pas d’hier. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités tribales et de luttes pour le contrôle des ressources et du pouvoir au Mali. Kidal, bastion touareg, est un symbole de cette lutte d’influence.
El Hadj Ag Gamou, ancien général de l’armée malienne, incarne une ligne dure face aux groupes armés. À l’inverse, Alghabass Ag Intallah, issu d’une famille influente de la région, mise sur des alliances locales pour s’imposer. Leur opposition reflète les fractures profondes au sein de la communauté touarègue.
Les forces en présence et leurs soutiens
Chacun des deux camps dispose de soutiens militaires et politiques distincts. Ag Gamou s’appuie sur des unités loyales et des partenaires internationaux, tandis qu’Alghabass Ag Intallah mise sur des alliances locales, notamment avec des groupes comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
- El Hadj Ag Gamou : Ancien haut gradé de l’armée malienne, il bénéficie du soutien de certaines factions politiques et militaires. Son approche sécuritaire radicale le place en opposition frontale avec les groupes armés.
- Alghabass Ag Intallah : Représentant d’une famille influente de Kidal, il mise sur une stratégie d’alliances avec les mouvements armés pour renforcer sa position.
Les conséquences pour la région
Cette rivalité a déjà des répercussions dramatiques. Les combats sporadiques entre les deux camps ont fait de nombreuses victimes civiles et militaires. La population de Kidal, prise en étau, subit les conséquences d’un conflit qui menace de s’étendre.
Les observateurs craignent que l’escalade ne favorise la résurgence de groupes jihadistes, profitant du chaos pour renforcer leur emprise sur le nord du Mali. La situation humanitaire se dégrade, avec des milliers de déplacés et des besoins urgents en aide.
Un conflit aux racines profondes
Pour comprendre cette crise, il faut remonter aux accords de paix de 2015, censés mettre fin aux rébellions touarègues. Pourtant, ces accords n’ont pas résolu les tensions sous-jacentes, laissant la porte ouverte à de nouvelles confrontations.
Les rivalités entre familles touarègues, les luttes pour le contrôle des trafics et des ressources, ainsi que les interventions étrangères, ont tous contribué à alimenter ce brasier. Kidal, enjeu stratégique, est devenue le théâtre d’un affrontement où chaque camp cherche à imposer sa légitimité.
Dans ce contexte, la communauté internationale peine à trouver une solution durable. Les initiatives de médiation se heurtent à la méfiance des acteurs locaux et à la complexité des alliances.
Que réserve l’avenir ?
Alors que les combats s’intensifient, la question se pose : jusqu’où iront Ag Gamou et Alghabass Ag Intallah dans leur quête de domination ? Leur rivalité pourrait bien redéfinir l’équilibre des forces au Mali et dans le Sahel.
Une chose est sûre : la population de Kidal, épuisée par des décennies de conflits, attend désespérément une issue pacifique. Mais pour l’heure, l’ombre de la guerre plane toujours sur cette région stratégique.

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