D’une saison entamée avec les rêves de Ligue des champions, l’équipe niçoise se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre, menacée par une relégation inattendue et potentiellement dévastatrice. Ce vendredi soir, à 20h45, le club, quadruple champion de France, joue son existence en Ligue 1, une division qu’il n’a pas quittée depuis vingt-quatre ans. Le barrage retour contre Saint-Étienne, après un match aller soldé par un score nul et vierge (0-0), s’annonce comme l’ultime bataille, mais les Aiglons l’abordent dans une atmosphère particulièrement tendue.
Après des mois de critiques acerbes de la part d’une grande partie de ses supporters, l’OGC Nice évoluera à huis clos à l’Allianz Riviera. Cette absence de public pourrait paradoxalement alléger la pression directe, mais les autorités des Alpes-Maritimes anticipent des débordements en cas de défaite, d’où des mesures de sécurité renforcées.
Face à l’ampleur des incidents survenus deux semaines auparavant lors de Nice-Metz (0-0), qui avaient engendré environ 600 000 euros de dégâts suite à l’envahissement du terrain, la préfecture a pris une décision radicale. Un arrêté a été émis jeudi, interdisant toute présence de supporters niçois aux abords du stade, des commerces environnants et même du centre d’entraînement. Une mesure peu courante à domicile, mais jugée nécessaire, notamment au vu des menaces virulentes proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre du joueur Ali Abdi.
Le dossier Ali Abdi et l’espoir Elye Wahi
Le flanc tunisien a créé la polémique jeudi par son absence inattendue. Pris entre les exigences de l’OGC Nice, désireux de conserver tous ses atouts pour cette confrontation décisive, et la pression insistante de la Fédération tunisienne pour qu’il rejoigne sa sélection au plus vite, Ali Abdi a finalement quitté le groupe. Son objectif : régulariser son visa pour les États-Unis. Le club azuréen, qui réfléchit à d’éventuelles sanctions, affirme avoir proposé des solutions pour concilier ses démarches administratives et sa présence au match retour. Cependant, l’entourage du joueur invoque la nécessité de sécuriser sa participation à la prochaine Coupe du monde (du 11 juin au 19 juillet). En fin de journée, le club a tenu à préciser que le joueur était « déterminé à revenir soutenir le groupe » pour le match de vendredi soir.
Dans ce contexte incertain, l’état d’esprit de l’équipe, également privée d’Hicham Boudaoui (victime d’un protocole commotion), est crucial. Cependant, l’attaquant ivoirien Elye Wahi, qui a purgé sa suspension mardi et a pu se reposer sur la Côte d’Azur, semble prêt. Il a méticuleusement préparé ce qui s’annonce comme son dernier match sous les couleurs niçoises. En plus des entraînements collectifs, il a analysé en profondeur le dispositif défensif de l’équipe stéphanoise avec son propre staff. Une phrase prononcée par un leader des ultras après la finale de Coupe de France perdue au Stade de France résonne encore : « Sauve-nous, on compte sur toi. » Dans cette situation critique, le talent d’Elye Wahi pourrait bien être le facteur X attendu par l’OGC Nice.

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