21 juillet 2026

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Volte-face de Bassirou Diomaye Faye sur la candidature de Macky Sall à l’ONU

volte-face de Bassirou Diomaye Faye sur la candidature de Macky Sall à l’ONU

Quelques jours seulement après avoir reçu Macky Sall au palais présidentiel dakarois, Bassirou Diomaye Faye a annoncé ce lundi 20 juillet le « soutien total » du Sénégal à la candidature de son prédécesseur au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette décision, prise malgré les réticences initiales exprimées en mars et l’opposition sénégalaise au sein de l’Union africaine, renforce considérablement le dossier de Macky Sall. Ce dernier peut désormais s’appuyer sur l’aval de l’État qu’il a dirigé pendant plus d’une décennie. Mais comment interpréter ce revirement spectaculaire ? Risque-t-il d’aggraver les tensions avec Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre ?

L'ancien président Macky Sall s'exprime lors d'une audition pour sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU, à New York en avril 2026

Un soutien diplomatique inattendu

Le président Bassirou Diomaye Faye a activé l’ensemble de l’appareil diplomatique sénégalais pour officialiser ce soutien, présenté comme un engagement national. Ce changement de position intervient après des mois de divergences au sein de l’Union africaine, où le Sénégal avait jusqu’ici exprimé des réserves sur la candidature de Macky Sall. En mars dernier, Dakar avait même fait part de son opposition, ce qui avait fragilisé le dossier du candidat sénégalais.

Avec cette volte-face, Macky Sall voit son projet prendre une nouvelle dimension. En effet, le fait d’obtenir l’aval de l’État qu’il a dirigé de 2012 à 2024 ajoute une légitimité politique majeure à sa candidature. Cette décision pourrait également lui permettre de mobiliser des soutiens supplémentaires au sein des instances internationales.

Quelles motivations derrière ce revirement ?

Plusieurs hypothèses émergent pour expliquer cette décision. D’abord, un calcul politique : Bassirou Diomaye Faye pourrait chercher à consolider sa position en s’appuyant sur l’expérience internationale de son prédécesseur. Ensuite, une volonté de renforcer les relations bilatérales avec les partenaires du Sénégal, notamment au sein des organisations africaines et onusiennes. Enfin, certains analystes évoquent une stratégie de normalisation après des mois de tensions politiques internes.

Cependant, cette décision ne manque pas de susciter des interrogations. En effet, elle intervient dans un contexte où les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre, restent tendues. Ce dernier avait critiqué à plusieurs reprises la gestion de Macky Sall et pourrait voir d’un mauvais œil ce rapprochement.

Les risques d’une alliance controversée

Bien que le soutien de l’État sénégalais renforce la candidature de Macky Sall, il pourrait également envenimer les tensions politiques au sein du pays. Ousmane Sonko, figure montante de l’opposition, pourrait interpréter ce geste comme une provocation ou une remise en cause de sa propre vision politique. Par ailleurs, cette décision pourrait alimenter les débats sur la politique étrangère du Sénégal et son alignement sur les anciennes figures de pouvoir.

En définitive, cette volte-face diplomatique marque un tournant dans la stratégie sénégalaise. Si elle offre à Macky Sall un atout supplémentaire dans la course à la tête de l’ONU, elle pourrait aussi attiser les divisions internes et remettre en question la cohésion politique du pays.