27 mai 2026

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Arrestation brutale de l’humanitaire Joseph Figueira par les hommes de Wagner en Centrafrique

Une plongée dans les archives internes de l’organisation d’influence russe révèle les rouages d’une stratégie de déstabilisation en République centrafricaine. Plus de 1 400 pages de documents de la structure Africa politology, pilotée par les réseaux d’influence russes, mettent en lumière les méthodes employées pour cibler des acteurs internationaux sur le terrain.

L’intervention musclée à Zemio

Le 26 mai 2024, la localité de Zemio, située dans la préfecture instable du Haut-Mbomou, est le théâtre d’un événement préoccupant. Alors qu’il achève une mission d’expertise pour l’organisation FHI 360, financée par l’Usaid, le chercheur belgo-portugais Joseph Figueira partage un moment de convivialité avec des partenaires locaux. Accompagné d’un collègue ivoirien, il s’apprête à quitter la zone le lendemain pour rejoindre Bangui.

C’est dans ce contexte que trois membres du groupe Wagner, agissant comme force d’appui aux forces nationales, font irruption dans l’établissement. Assistés d’un gendarme centrafricain servant d’interprète, ils interrompent brutalement la réunion pour s’emparer de Joseph Figueira.

Une détention hors de tout cadre légal

L’arrestation se déroule sans aucun respect des procédures juridiques. L’humanitaire, pourtant spécialiste reconnu des communautés peules et en situation régulière sur le territoire, est immédiatement menotté et conduit vers l’aérodrome local. Les agents de Wagner ne lui laissent même pas la possibilité de récupérer ses effets personnels ou ses documents d’identité.

Le calvaire de l’expert se poursuit lors de son transfert. Encapuchonné et victime de violences physiques, il est embarqué de force dans un avion, le visage ensanglanté. Cette opération illustre la pression croissante exercée sur les acteurs humanitaires et les chercheurs internationaux opérant en Centrafrique, dans un climat où l’influence des paramilitaires russes s’affranchit des lois nationales.