La RDC dénonce à l’ONU l’exploitation illégale des minerais stratégiques par les forces rwandaises
- Sécurité internationale
Lors d’une session historique à l’ONU dédiée aux minerais critiques, la République démocratique du Congo a pointé du doigt l’exploitation illégale de ses ressources naturelles par des groupes armés, notamment au Rwanda voisin. La ministre d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner, a révélé des chiffres accablants : plus de 1 400 tonnes de coltan exportées clandestinement vers le Rwanda depuis les mines de Rubaya, générant des revenus mensuels estimés à 800 000 dollars pour les groupes armés soutenus par Kigali.
L’exploitation illégale des minerais : un fléau qui érode la souveraineté congolaise
La cheffe de la diplomatie congolaise a souligné que l’exploitation illicite des minerais ne se limite pas à un enjeu économique. « Elle affaiblit l’autorité de l’État, érode notre souveraineté et menace l’intégrité territoriale », a-t-elle déclaré devant l’Assemblée générale.
Selon les rapports des experts de l’ONU, le groupe armé M23, soutenu par l’armée rwandaise, contrôle depuis des années des zones minières stratégiques dans l’Est de la RDC. Les données révèlent que 15 à 30 % de la production mondiale de coltan provient désormais de ces territoires occupés, avec des circuits de contrebande vers le Rwanda.
L’inaction internationale face aux preuves accablantes
« Malgré ces preuves documentées, les Forces de défense rwandaises ne sont toujours pas soumises à des sanctions de l’ONU. Cette inaction révèle une faille majeure dans l’architecture internationale, où la gouvernance des ressources naturelles est encore trop souvent cantonnée à une logique purement économique, même lorsque leur exploitation illicite alimente les conflits armés. »
Une gouvernance renouvelée pour une transition énergétique juste
La RDC a plaidé en faveur d’une approche intégrée liant gouvernance des minerais, prévention des conflits et consolidation de la paix. « La transition énergétique mondiale ne doit pas se faire au détriment des pays producteurs », a insisté la ministre, rappelant que les communautés locales doivent bénéficier de cette manne économique.
Elle a également souligné la nécessité de renforcer la traçabilité des minerais, tout en évitant de pénaliser les exploitants artisanaux légitimes. « La lutte contre la fraude doit être équilibrée, sans créer de nouveaux obstacles pour les producteurs locaux », a-t-elle ajouté.
Vers une responsabilité partagée dans la chaîne de valeur
Thérèse Kayikwamba Wagner a appelé à une responsabilité élargie de tous les acteurs : producteurs, négociants, transformateurs, institutions financières et pays consommateurs. « Aucun maillon de la chaîne ne doit être exempté de cette obligation », a-t-elle martelé.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte où la RDC, en tant que présidente du Conseil de sécurité de l’ONU, cherche à faire avancer une résolution intégrant pleinement les enjeux sécuritaires liés aux minerais critiques. Malgré les accords diplomatiques signés entre Kinshasa et Kigali, la situation sur le terrain reste extrêmement tendue, avec des affrontements persistants et des négociations en impasse.

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