28 juin 2026

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Au Sénégal, des enfants apprennent à protéger la biodiversité grâce au chant des baleines

Dans la capitale sénégalaise, des sons de baleines enregistrés au large de Ouakam servent de support pédagogique pour sensibiliser les élèves à la protection de l’environnement. C’est l’initiative de l’association Germes d’Écocitoyens via le programme Gestu (sciences et traditions). Récemment, l’organisation a organisé trois ateliers dans des écoles primaires de Dakar, animés par Olivier Adam, professeur spécialiste des cétacés. Direction l’école Alieu Samb à Ngor pour découvrir cette initiation au langage des baleines.

Les trente élèves de CM2, bouche bée, écoutent avec attention l’enregistrement d’une baleine à bosse capté près de Ouakam, à Dakar, en 2018 et 2022.

« Ces chants que vous avez entendus, ce sont ceux de baleines à bosse. Elles viennent à Dakar pour mettre bas ; leurs petits sont donc Dakarois », explique Olivier Adam, professeur à Sorbonne Université.

Pour ce spécialiste des sons de cétacés, il est crucial de faire comprendre que les baleines possèdent un véritable langage. « J’ai été le premier surpris en enregistrant des baleines : leurs sons sont intentionnels et structurés, comme un langage. À chaque fois que je rencontre des enfants, je veux qu’ils sachent cela. Comprendre les océans passe par la connaissance des espèces qui y vivent », confie ce professeur venu spécialement de Paris.

Les enfants ne se privent pas de poser des questions : « Combien d’estomacs a une baleine ? Combien d’espèces de baleines existent ? Comment met-elle bas ? Que mange-t-elle ? »

Fanta, 12 ans, est impressionnée par « leur chant et leur manière de communiquer ».

Thierry, l’instituteur de cette classe de CM2, souligne l’importance de cet apprentissage : « Sans ces connaissances, on ignore que la baleine n’a qu’un seul petit par portée. C’est donc une espèce fragile qui peut disparaître si on ne la protège pas. »

Babacar Sy, chasseur sous-marin depuis plus de trente ans et à l’origine des enregistrements de baleines à Dakar, a animé l’atelier. Il constate une baisse des poissons : « J’ai eu la chance de connaître la nature intacte et de la voir changer radicalement. L’an dernier, j’ai pêché seulement cinq thiofs de toute l’année. Si cela continue, nos enfants ne sauront même pas ce qu’est un thiof. Nous fonçons droit dans le mur ; il est temps de se réveiller », alerte-t-il.

Deux autres établissements dakarois ont reçu Olivier Adam et ses enregistrements. L’association Gestu propose également des journées de collecte de déchets pour faire évoluer les comportements.