30 juin 2026

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Cabral Libii milite pour une abolition graduelle de la peine capitale au Cameroun

Le député camerounais Cabral Libii a pris part au 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, où il a défendu une stratégie d’abolition progressive de la peine capitale au Cameroun.

Selon lui, « une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit. Le défi est non seulement d’abolir la peine de mort, mais il est aussi de construire des institutions suffisamment fortes pour que la justice inspire confiance sans avoir besoin de recourir à l’irréversible ».

Il a rappelé que le Cameroun n’a procédé à aucune exécution depuis 1997, ce qui en fait un État abolitionniste de fait. « Nous avons l’honneur de faire partie des officiels, Parlementaires et Ministres de la justice, de plus de 130 nationalités qui participent au Congrès mondial contre la peine de mort. Le Cameroun n’a pas encore aboli la peine de mort certes, mais il n’a procédé à aucune exécution depuis 1997. Il peut donc être considéré comme un État abolitionniste de fait. Ce constat nous inspire la réflexion que nous avons partagée au 9ème Congrès mondial », a-t-il déclaré.

Cabral Libii a développé plusieurs arguments en faveur de l’abolition :

  • La protection de la vie est une valeur fondamentale, et la communauté internationale tend vers une réduction progressive du recours à la peine capitale. Exécuter un condamné compromet la repentance, la réparation d’éventuelles erreurs judiciaires et le poids durable de la faute.
  • Chaque État évolue dans un contexte historique, culturel et sécuritaire propre ; l’abolition ne peut être durable que si elle résulte d’un processus démocratique interne, avec un travail de sensibilisation des masses.
  • Malgré le maintien de la peine de mort dans le droit positif camerounais, le moratoire de fait observé depuis près de trente ans traduit une évolution optimiste.
  • La lutte contre la criminalité repose surtout sur la qualité de la justice : une justice indépendante, impartiale et respectueuse des droits fondamentaux est plus efficace que la sévérité des peines.
  • La progression des droits fondamentaux s’inscrit dans un mouvement global, mais doit tenir compte des réalités nationales pour préserver sa légitimité.

« En définitive, le débat sur la peine de mort ne saurait opposer les défenseurs des droits de l’homme aux défenseurs de la sécurité ou de la rigidité judiciaire. Une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit. Le défi est non seulement d’abolir la peine de mort, mais il est aussi de construire des institutions suffisamment fortes pour que la justice inspire confiance sans avoir besoin de recourir à l’irréversible », a conclu le député.