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Cadastre béninois : quelles réactions après le lancement des projets TERRA BÉNIN et PPMEC II ?

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Une réforme sous les projecteurs : les suites immédiates du lancement

Le Bénin vient de franchir une étape décisive dans sa quête de transparence foncière. Lors de la cérémonie officielle organisée à Cotonou le 6 novembre 2026, le gouvernement a officiellement lancé les projets TERRA BÉNIN et PPMEC II. Mais au-delà de l’événement médiatique, quelles sont les premières réactions des acteurs concernés ? Entre espoirs de sécurisation et craintes de lenteurs administratives, les citoyens, les experts et les investisseurs commencent à mesurer les implications concrètes de cette révolution cadastrale.

Objectifs ambitieux : 1,5 million de parcelles en ligne de mire

Avec TERRA BÉNIN, les autorités béninoises visent l’inscription de 1,5 million de parcelles au cadastre d’ici les prochaines années. Parallèlement, le projet PPMEC II ambitionne de délivrer au moins un million de Certificats d’enregistrement pour légaliser les droits de propriété. Ces chiffres impressionnants soulèvent une question cruciale : l’administration béninoise est-elle prête à absorber un tel volume de données sans sacrifier la qualité ou la rapidité des traitements ?

Les premiers retours des experts soulignent que cette modernisation repose sur trois piliers :

  • La digitalisation des données : finie l’ère des registres papier et des erreurs de saisie, place aux bases de données interconnectées et aux tracés GPS précis.

  • L’accès simplifié aux informations : les propriétaires pourront consulter l’état de leur parcelle en quelques clics, limitant les risques de fraude ou de double vente.

  • La protection contre les conflits : en clarifiant les droits de propriété, le nouveau système vise à réduire les litiges fonciers, souvent source de tensions familiales ou de spoliations.

Réactions des citoyens : entre soulagement et inquiétudes

Si la promesse de sécurisation foncière séduit une majorité de propriétaires, certains expriment des doutes. « Comment être sûr que mon terrain sera bien enregistré sans erreur ? », s’interroge un habitant de Parakou. D’autres craignent des lenteurs administratives, héritées d’un système notoirement complexe et parfois corrompu.

Les associations de propriétaires et les syndicats des professionnels de l’immobilier ont salué cette initiative, mais appellent à un accompagnement renforcé pour éviter les écueils. « La digitalisation est une bonne chose, mais il faut former les agents et informer les populations », insiste un représentant du secteur.

Impact économique : un levier pour les investisseurs

Le cadastre moderne n’est pas qu’une question de papier administratif : c’est un accélérateur économique. Les promoteurs immobiliers et les entreprises, longtemps freinés par l’incertitude foncière, pourraient enfin bénéficier d’un environnement plus prévisible.

Les observateurs économiques estiment que cette réforme pourrait :

  • Stimuler les investissements dans les secteurs clés (agriculture, BTP, énergies renouvelables) en offrant des garanties juridiques aux investisseurs.

  • Favoriser l’accès au crédit : les banques, rassurées par la fiabilité des titres fonciers, seront plus enclines à financer des projets immobiliers ou agricoles.

  • Optimiser l’aménagement du territoire : avec des données précises, l’État pourra mieux planifier les infrastructures, les zones d’extension urbaine ou les projets agricoles.

Les défis à relever pour une transition réussie

Malgré l’enthousiasme, les obstacles restent nombreux. Le premier concerne la couverture territoriale : comment s’assurer que les zones rurales, souvent négligées, bénéficieront de cette modernisation ?

Un autre enjeu est la formation des agents. Un cadastre digitalisé nécessite des compétences techniques que tous les fonctionnaires ne maîtrisent pas encore. Des programmes de formation accélérée ont été annoncés, mais leur mise en œuvre concrète devra être suivie de près.

Enfin, la transparence des procédures est cruciale pour gagner la confiance des citoyens. Les cas de corruption ou de favoritisme dans l’attribution des titres pourraient compromettre l’ensemble de la réforme.

Que retenir des premières semaines ?

Le lancement des projets TERRA BÉNIN et PPMEC II marque un tournant dans la gestion foncière du pays. Si les défis logistiques sont immenses, les perspectives de sécurisation du patrimoine national et d’attractivité économique sont prometteuses. La suite des événements dépendra de la rapidité avec laquelle l’administration saura concilier ambition et pragmatisme.

Vers une nouvelle ère foncière ?

Le Bénin a fait un pari audacieux : celui de la modernité pour sortir de décennies d’incertitudes liées à la propriété. Les prochains mois seront déterminants. Si les projets tiennent leurs promesses, le pays pourrait devenir un modèle en Afrique de l’Ouest en matière de gestion foncière. Dans le cas contraire, la méfiance des citoyens et des investisseurs risquerait de s’installer durablement.

Une chose est sûre : le cadastre béninois entre dans une nouvelle ère, et chaque partie prenante État, experts, propriétaires devra jouer son rôle pour en écrire les prochains chapitres.

Par Modibo Keïta — Journaliste

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