Crise de la Cédéao : l’AES persiste et signe face à l’organisation ouest-africaine

Le sommet de la Cédéao, qui se tient ce dimanche à Freetown en Sierra Leone, s’ouvre dans un contexte particulièrement tendu pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Pour la deuxième fois consécutive, trois de ses membres fondateurs — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — sont absents, formant désormais l’Alliance des États du Sahel (AES). Le défi pour les dirigeants présents ? Trouver des solutions concrètes pour redonner un souffle à une organisation en perte de vitesse.
Un avenir commun malgré la fracture ?
Les chefs d’État de la Cédéao doivent désormais faire face à une réalité incontournable : comment gérer une organisation dont l’unité est menacée par le départ des trois pays du Sahel ? Ces États, bien qu’absents des débats, restent des partenaires géopolitiques et économiques essentiels pour la région. Les discussions porteront inévitablement sur les moyens de préserver les échanges commerciaux, la libre circulation des personnes et la coopération sécuritaire, alors que la menace terroriste ne cesse de s’étendre.
Pour l’expert Aliou Diakite, le sommet s’annonce décisif. « Les enjeux sont multiples : gouvernance, sécurité face à la criminalité organisée et au terrorisme, instabilité politique post-électorale, conséquences du changement climatique, épidémies et pandémies. Tous ces défis poussent les dirigeants à repenser l’avenir de la Cédéao. »
La force en attente de la Cédéao : un projet toujours en suspens
Parmi les dossiers urgents à traiter, la mise en place de la Force en attente de la Cédéao, annoncée depuis des années mais jamais pleinement opérationnelle, figure en tête de liste. Conçue pour répondre rapidement aux crises terroristes et politiques, cette structure régionale tarde à se concrétiser. Pourtant, les réunions préparatoires menées cette semaine à Freetown montrent une volonté croissante de certains États de finaliser son déploiement.
Michel Ange Bangoura, responsable de la coopération avec la Cédéao, en est convaincu : « Sur le plan institutionnel, tout est prêt. Il manque simplement les moyens humains et financiers. Chaque État membre devrait contribuer au moins une compagnie pour permettre son activation rapide. »
« Les discussions en cours devraient aboutir à un déploiement concret dans les prochains mois, ajoute-t-il. L’objectif est de désigner rapidement un pays hôte pour accueillir l’état-major de cette force. »
Enfin, le sommet devra aborder les réformes structurelles de la Cédéao, indispensables pour restaurer sa crédibilité après une série de crises politiques et de coups d’État dans la région.

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