Les autorités marocaines ont récemment procédé à l’arrestation du rappeur «Mehdi Black Wind», actuellement incarcéré dans une prison de Casablanca. Une tribune appelant à sa libération «immédiate» a été rendue publique, soulevant des questions sur les motifs de cette détention.
L’incarcération du rappeur El Mahdi Lyoubi, plus connu sous son nom d’artiste «Mehdi Black Wind», soulève des interrogations quant à sa nature politique. Âgé de 34 ans, El Mahdi Lyoubi a été présenté mercredi en comparution immédiate devant un tribunal par le parquet marocain. Quelques jours auparavant, vendredi, il s’était vu signifier une interdiction de quitter le territoire à l’aéroport de Rabat, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France, pays où il réside depuis près d’une décennie.
La police judiciaire de Casablanca l’avait d’abord convoqué lundi, avant de le placer en garde à vue. La question demeure : qu’est-ce qui a motivé l’arrestation de cet artiste ?
Incarcéré pour ses prises de position artistiques ?
Bien que les motifs officiels de son arrestation n’aient pas encore été rendus publics par les autorités marocaines, nombreux sont ceux qui lient cette détention à ses prises de position politiques. C’est du moins l’hypothèse principale soutenue par les signataires d’une tribune exigeant la libération d’El Mahdi Lyoubi. Le rappeur et réalisateur s’est forgé une réputation dans la scène artistique indépendante grâce à ses textes incisifs, dénonçant les inégalités et les problèmes de la société marocaine, ce qui pourrait être à l’origine de son incarcération.
La tribune, qui réclame sa «libération immédiate», affirme : «Selon les informations disponibles à ce stade, son arrestation serait liée à ses prises de position artistiques et à des publications sur les réseaux sociaux.»
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Une vaste mobilisation s’est organisée en sa faveur, avec plus de 700 personnalités du monde culturel, parmi lesquelles le cinéaste marocain Faouzi Bensaidi et les actrices françaises Adèle Haenel et Aïssa Maïga, qui ont apposé leur signature sur une tribune mercredi, condamnant sa détention et réclamant sa libération. L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) a également joint sa voix à cet appel, exigeant sa libération et «l’arrêt de la politique de restriction visant les voix critiques», comme indiqué dans un communiqué diffusé mardi.
Mercredi, l’artiste a comparu devant un juge du tribunal de première instance de Casablanca. L’audience a été reportée au 22 juillet, lui permettant de préparer sa défense, dans un contexte où les avocats marocains observent une grève d’un mois.

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