18 juillet 2026

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Sénégal : la dette publique sous pression et le rôle controversé de Lazard

Le gouvernement sénégalais envisage de confier un rôle clé à la banque d’affaires Lazard pour conseiller sur la gestion de sa dette souveraine. Cette initiative, encore en phase de discussion, suscite des interrogations sur l’avenir financier du pays. Plusieurs observateurs anticipent déjà un possible ajustement des engagements financiers du Sénégal, mais le périmètre exact de ce partenariat n’a pas encore été officiellement dévoilé.

Pourquoi le choix de Lazard pourrait-il changer la donne ?

Spécialiste reconnu des restructurations de dettes souveraines, Lazard dispose d’une expertise solide sur le continent africain. Le cabinet a déjà accompagné plusieurs pays dans des situations similaires, notamment la Zambie, le Ghana, le Tchad et le Mozambique. Son intervention au Sénégal pourrait donc s’inscrire dans une logique d’optimisation des finances publiques, que ce soit via un rééchelonnement, une renégociation ou une restructuration plus profonde.

Cependant, cette collaboration ne signifie pas que Dakar a déjà pris une décision définitive. À ce stade, Global Sovereign Advisory, qui conseille le pays depuis plusieurs années, continue de jouer un rôle central. Si Lazard devait intervenir, ce serait en complément, et non en remplacement, du dispositif actuel.

Une dette publique qui explose et des options de financement en question

La situation financière du Sénégal est marquée par une urgence économique sans précédent. En effet, la découverte récente de plusieurs milliards de dollars d’emprunts non comptabilisés a fait bondir la dette publique à plus de 130 % du PIB, bien au-delà du seuil maximal de 70 % fixé par l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette révélation a entraîné la suspension du programme de prêt de 1,8 milliard de dollars initialement prévu par le Fonds Monétaire International (FMI), tandis que les agences de notation ont dégradé la note souveraine du pays, le classant désormais dans la catégorie spéculative.

Sur les marchés internationaux, les obligations souveraines sénégalaises subissent une forte pression. Les titres à échéance 2033 et 2048 ont particulièrement sous-performé par rapport à leurs équivalents des marchés émergents, illustrant la méfiance des investisseurs. Face à ces difficultés, Dakar s’est tourné vers le marché régional des titres publics de l’UEMOA, mais la demande pour les émissions à long terme s’affaiblit également, limitant les marges de manœuvre du gouvernement.

Un budget 2026 sous haute tension

Le budget de l’État pour 2026 prévoit un montant colossal de 5 490 milliards de francs CFA (soit environ 9,6 milliards de dollars) pour le service de la dette. Ce chiffre inclut à la fois les remboursements du capital et les intérêts, et non uniquement les frais financiers. Une telle charge pèse lourdement sur les finances publiques et rend indispensable une réflexion approfondie sur la soutenabilité de la dette.

Dans ce contexte, l’arrivée potentielle de Lazard pourrait s’avérer déterminante pour éclairer les choix du gouvernement et éviter une crise de confiance plus profonde sur les marchés.