16 juillet 2026

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Diplomatie à Lomé : Faure Gnassingbé et la RDC renforcent leur coordination pour la paix dans l’Est congolais

Une rencontre décisive pour la stabilité des Grands Lacs

À Lomé, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur de l’Union africaine pour la crise en République démocratique du Congo, a reçu en audience ce mardi 14 juillet 2026 le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni. Cette rencontre diplomatique s’inscrit dans un contexte sécuritaire toujours plus tendu à l’Est de la RDC, où les conflits armés persistent depuis des décennies et menacent la stabilité de toute la région des Grands Lacs.

Renforcer la coopération et relancer le dialogue

Les échanges entre les deux responsables ont porté sur deux axes majeurs : le renforcement des relations bilatérales entre le Togo et la RDC, ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est congolais. Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel du président togolais dans la recherche d’une solution durable au conflit qui déchire la région. « Cette rencontre confirme l’importance de la médiation africaine dans la résolution des crises sur le continent », a-t-il déclaré.

Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur désigné par l’Union africaine, a réaffirmé sa détermination à poursuivre les consultations avec toutes les parties prenantes. L’objectif ? Favoriser un règlement pacifique et durable du conflit, alors que les hostilités entre l’armée congolaise et la rébellion de l’AFC/M23 — accusée par Kinshasa de recevoir un soutien militaire et logistique du Rwanda — s’intensifient dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Un contexte régional sous haute tension

Cette visite à Lomé s’inscrit dans une séquence diplomatique particulièrement active. Avant son arrivée au Togo, l’émissaire de Félix Tshisekedi s’était rendu en Ouganda pour y porter un message du président congolais à son homologue Yoweri Kaguta Museveni. Ces déplacements visent à renforcer la coordination entre les pays de la région, alors que les initiatives diplomatiques menées à Washington et Doha peinent à aboutir à un accord concret.

Parallèlement, les capitales de la sous-région multiplient les rencontres. Kinshasa et Luanda échangent régulièrement sur les enjeux de paix et de sécurité, tandis que Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine et chef de l’État burundais, a récemment consulté les principales confessions religieuses de la RDC ainsi que des leaders de l’opposition politique congolaise. La semaine dernière, Félix Tshisekedi s’est rendu à Brazzaville pour des discussions avec Denis Sassou Nguesso, tandis que ce dernier a reçu le cardinal Fridolin Ambongo pour évoquer la situation politique et institutionnelle en RDC.

Lomé, capitale d’une médiation africaine

Cette rencontre à Lomé intervient quelques semaines après une session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à l’initiative de Faure Gnassingbé. Lors de ces assises, le président togolais avait insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés dans la région. « Une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux est indispensable pour consolider les acquis et favoriser une paix durable dans les Grands Lacs », avait-il souligné.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une réunion de haut niveau sur la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. Ces rencontres, qui avaient réuni d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, ainsi que des partenaires internationaux, visaient à renforcer la confiance entre les parties et à faire progresser le dialogue.

Alors que la région des Grands Lacs reste en proie à des conflits récurrents, la médiation africaine, incarnée par des figures comme Faure Gnassingbé, apparaît plus que jamais comme un pilier essentiel pour espérer un retour à la stabilité. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces efforts diplomatiques sur le terrain.