11 août 2026

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Ébola en RDC : une crise sanitaire hors de contrôle avec plus de 2 000 morts

Ébola en RDC : une crise sanitaire hors de contrôle avec plus de 2 000 morts

Le bilan de l’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir un seuil dramatique : plus de 2 011 décès ont été recensés depuis le début de l’année, selon les dernières données officielles. Avec un total de 4 381 cas confirmés, cette flambée sanitaire s’annonce déjà comme l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays.

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme : alors qu’il avait fallu près de neuf semaines pour atteindre le premier millier de morts, le cap des 2 000 décès a été franchi en seulement trois semaines. Une accélération alarmante qui illustre l’incapacité à endiguer la propagation du virus.

Plusieurs facteurs expliquent cette escalade : l’insécurité liée aux conflits armés, l’isolement des zones reculées et les mouvements de grève du personnel médical, en protestation contre des arriérés de salaire. Autant de défis qui entravent la réponse sanitaire et aggravent la crise.

Soignants en discussion au Centre médical évangélique de Bunia, juillet 2026

Le Dr Jean-Marie Akandabo, en poste à Ituri (nord-est du pays), qualifie ce bilan de « catastrophique ». « Nous devons intensifier nos efforts dans les zones touchées, faute de quoi cette épidémie pourrait devenir la pire de l’histoire de la RDC », alerte-t-il.

Cette 17e vague d’Ébola en RDC, causée par la souche Bundibugyo, est particulièrement redoutable : aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore disponible. Les essais cliniques ont débuté en Ituri, épicentre de l’épidémie, mais les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs mois.

Un taux de létalité record

Le taux de mortalité actuel atteint 45,9 %, un chiffre bien supérieur aux 39,6 % enregistrés lors de la flambée ouest-africaine de 2014-2016. Cette dernière reste à ce jour la plus meurtrière de l’histoire, avec plus de 11 000 décès.

Des défis logistiques et humains

Déclarée le 15 mai, cette épidémie a en réalité débuté en février, comme l’ont révélé les analyses génomiques. Malgré l’état d’urgence sanitaire décrété par les autorités, la réponse reste insuffisante. Les grèves du personnel soignant, en raison de salaires impayés, paralysent les opérations. « La majorité des nouveaux cas échappent à la surveillance des contacts, signe que le virus circule toujours activement », explique un responsable médical.

Le Pr Paul Hunter, infectiologue britannique, souligne les difficultés de traçage dans une région en proie aux conflits : « Dans des zones reculées comme l’est du Congo, avec des routes impraticables et des lignes de communication coupées, identifier les cas à temps relève de l’impossible. Sans vaccin efficace, la lutte repose sur l’isolement rapide des patients, une tâche colossale dans ce contexte ».

Un espoir venu des vaccins existants

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) mise sur une stratégie audacieuse : tester le vaccin Ervebo, actuellement homologué contre la souche Zaïre, pour voir s’il offre une protection partielle contre la souche Bundibugyo. « Les données préliminaires suggèrent une possible efficacité croisée, mais cela reste à confirmer », précise un expert.

Trois autres candidats-vaccins contre le Bundibugyo sont en phase initiale d’essais cliniques, tandis qu’un quatrième est en développement. Une course contre la montre, alors que « les responsables sanitaires courent après le virus, qui a pris une avance inquiétante », selon le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.

Transmis par contact avec les fluides corporels, le virus Ébola provoque des fièvres hémorragiques. Identifié pour la première fois en 1976 près de la rivière Ébola (alors Zaïre), il frappe aujourd’hui une RDC déjà exsangue.