30 mai 2026

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Exploitation minière artisanale au Mali : quand la pauvreté transforme des mères en victimes

femmes dans une mine artisanale au Mali

L’effondrement d’une mine artisanale à Kéniéty, dans la zone de Kéniéba, a coûté la vie à six femmes le 9 janvier 2026. Cet événement tragique révèle une réalité glaçante : la misère pousse les mères de famille à risquer leur vie quotidiennement pour subvenir aux besoins de leur foyer. L’extrême précarité économique les oblige à travailler dans des conditions extrêmes, au mépris des dangers.

Des mères de famille contraintes à l’extrême

L’orpaillage artisanal au Mali n’est pas un métier choisi, mais une solution désespérée face à la famine. Les femmes, souvent mères célibataires ou épouses de mineurs, s’aventurent dans des galeries instables, parfois pendant plus de 12 heures sous un soleil écrasant. Dans la région de Kayes, leur quotidien se résume à une lutte permanente pour quelques grammes d’or, malgré les risques mortels.

Ces travailleuses de l’ombre sont généralement reléguées aux zones les plus dangereuses des sites miniers. Exclues des filons les plus lucratifs par les hommes, elles se retrouvent dans des fosses abandonnées ou des tunnels en ruine. Ces espaces, jugés trop risqués par les autres orpailleurs, deviennent leur pire cauchemar lorsque les parois s’effondrent sous l’effet de l’érosion.

Une précarité qui tue à petit feu

Les dangers ne se limitent pas aux effondrements. Sans équipement de protection, ces femmes manipulent du mercure et d’autres substances toxiques, s’exposant à des maladies chroniques. Leur situation précaire les rend aussi vulnérables aux violences et aux abus sur les sites d’extraction. L’accident de Kéniéty, où six femmes dont deux mariées ont péri, illustre l’ampleur de ce fléau. En creusant les parois d’une ancienne mine chinoise, elles ont été prises au piège d’un effondrement soudain, malgré les tentatives de secours.

Réparer les dégâts et briser le cycle

Pour les habitants de Dialafara, les mines abandonnées représentent une menace constante. L’absence de remblaiement des sites par les sociétés minières laisse des cratères béants, transformant ces zones en pièges mortels pour les plus démunis. La sécurisation des anciens sites et leur réhabilitation s’imposent comme une priorité absolue pour éviter de nouvelles tragédies.

Cependant, la solution ne se limite pas à la sécurisation des infrastructures. Les autorités doivent aussi proposer des alternatives économiques durables aux femmes. Sans un accompagnement concret vers d’autres activités génératrices de revenus, la pauvreté continuera de pousser ces mères vers les abîmes des mines artisanales, condamnant chaque année des familles à vivre l’irréparable.