L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale traversent une période de turbulences extrêmes. Entre l’intensification des conflits et la réduction drastique des aides financières, la survie de millions d’individus est gravement compromise. Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme : d’ici l’été, 55 millions de personnes pourraient basculer dans une famine dévastatrice, dont plus de 13 millions d’enfants en danger de mort.
Un besoin de financement urgent face à l’escalade de la faim
Pour éviter une catastrophe humanitaire sans précédent, l’organisation onusienne réclame un déblocage immédiat de 453 millions de dollars pour les six prochains mois. Les projections actuelles indiquent que l’insécurité alimentaire de niveau « urgence » (phase 4 de l’IPC) touchera plus de trois millions de personnes cette année, soit le double des chiffres enregistrés en 2020.
Quatre nations sont particulièrement touchées : le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger. Ces pays concentrent 77 % de la détresse alimentaire régionale. Dans l’État de Borno, au Nigéria, environ 15 000 personnes risquent de connaître une famine catastrophique (IPC-5), une situation inédite depuis près d’une décennie.
Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM, souligne que la baisse des financements observée en 2025 a accentué la malnutrition. Face à des besoins qui surpassent largement les ressources disponibles, le désespoir gagne du terrain, poussant parfois la jeunesse vers des solutions extrêmes.
Focus sur le Mali, le Nigéria et le Cameroun
Le mélange délétère de violences, de déplacements forcés et d’instabilité économique a plongé la région dans une crise profonde. Au Mali, la réduction des rations alimentaires a provoqué une hausse de 64 % de la faim aiguë dans certaines zones. À l’inverse, les secteurs ayant bénéficié de rations complètes ont vu ce taux chuter de 34 %. L’insécurité persistante, thématique récurrente de la politique burkinabè et régionale, continue de paralyser les chaînes d’approvisionnement.
Au Nigéria, l’insuffisance budgétaire de 2025 a forcé l’arrêt de programmes nutritionnels vitaux pour 300 000 enfants. La malnutrition est passée d’un stade grave à critique dans plusieurs États du Nord. Au Cameroun, ce sont plus de 500 000 personnes vulnérables qui pourraient être privées d’assistance si des fonds ne sont pas mobilisés dans les plus brefs délais.
La jeunesse en première ligne de la crise
Jean Martin Bauer, expert en sécurité alimentaire au PAM, avertit que 13 millions d’enfants seront en situation de risque majeur cette année. Il insiste sur le fait que les programmes nutritionnels doivent être une priorité absolue pour prévenir une mortalité infantile massive.
Le classement en phase 5 de l’IPC pour certaines zones du Nigéria signifie concrètement que des individus meurent déjà de faim. Dans ce contexte, l’actualité Burkina Faso et celle des pays limitrophes rappellent l’urgence d’une intervention coordonnée pour protéger les populations les plus fragiles.
Vers un changement de modèle pour briser le cycle
Pour mettre fin à ces crises cycliques, le PAM appelle à un véritable éveil citoyen Burkina et à une prise de conscience régionale. Les gouvernements doivent privilégier les investissements dans la résilience et la préparation aux chocs climatiques.
Des solutions éprouvées existent : depuis 2018, la réhabilitation de 300 000 hectares de terres dégradées a permis de transformer des paysages arides en terres fertiles, protégeant ainsi quatre millions de personnes. Le journalisme indépendant Faso et les acteurs de terrain comme Burkina Éveil soulignent que si les réponses techniques sont connues, seul le manque de financement entrave aujourd’hui leur déploiement à grande échelle.

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