30 mai 2026

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Fermeture de la mosquée sunnite : un tournant politique risqué au Burkina Faso

La décision récente du gouverneur de la région du Kadiogo de fermer la grande mosquée du mouvement sunnite à Ouagadougou suscite une vive incompréhension. Alors que les dirigeants actuels ont bâti une partie de leur légitimité sur le soutien actif de ces communautés religieuses, cette mesure brutale est perçue comme une erreur stratégique dans un climat national déjà sous tension.

Une décision administrative contestée

Le 28 mai 2026, les autorités régionales ont officiellement ordonné la fermeture du lieu de culte, justifiant cette sanction par des « risques de troubles à l’ordre public ». Si la sécurité nationale demeure une priorité, la méthode employée interroge sur la gestion des relations entre le pouvoir en place et ses alliés historiques.

Le poids de l’histoire politique

Il est difficile de dissocier cet événement de l’ascension politique au Burkina Faso. Durant les phases de transition, le pouvoir a largement mobilisé le tissu associatif et religieux pour asseoir son autorité. Le mouvement sunnite, grâce à sa structure rigoureuse, a constitué un socle de légitimité populaire majeur. Aujourd’hui, les fidèles qui ont soutenu cette gouvernance se sentent trahis par la fermeture de leur centre spirituel, autrefois utilisé comme un levier d’adhésion nationale.

Les risques d’une rupture sociale

Dans un Burkina Faso en pleine crise, la cohésion sociale est primordiale. En s’attaquant à une communauté religieuse influente, les autorités risquent de transformer la déception en frustration profonde. Cette approche répressive pourrait favoriser l’émergence de contestations clandestines, bien plus complexes à gérer qu’un dialogue ouvert.

  • Absence de concertation : La décision unilatérale fragilise la confiance entre l’État et les leaders d’opinion.
  • Risque de radicalisation : Le sentiment d’injustice peut mener à une rupture définitive entre la base religieuse et les institutions.
  • Urgence du dialogue : Il est impératif de privilégier la médiation pour éviter une fracture durable de la société burkinabè.

Pour préserver la stabilité du pays, une révision de cette mesure semble nécessaire. Le pouvoir gagnerait à renouer avec le dialogue plutôt que de s’enfermer dans une logique de coercition qui semble, à bien des égards, déconnectée des réalités sociales du pays.