25 juillet 2026

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Gabon : la détention d’Alain Claude Bilie By Nze contestée pour fondement douteux

JUSTICE

Gabon : la détention d’Alain Claude Bilie By Nze contestée pour fondement douteux

Depuis plus de cent jours, Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre gabonais et figure majeure de l’opposition, croupit derrière les barreaux. Ses défenseurs juridiques dénoncent une incarcération basée sur un vieux litige financier, jugé irrecevable pour justifier une telle mesure.

Portrait d'Alain Claude Bilie By Nze en costume, lors d'une intervention publique

Les avocats d’Alain Claude Bilie By Nze assurent que l’homme politique est détenu depuis avril dans une affaire remontant à 2008. Ce différend, portant sur une somme d’environ 7 600 euros, aurait été instrumentalisé pour légitimer son arrestation. Le parti Ensemble pour le Gabon, qu’il a dirigé, évoque des chefs d’accusation d’escroquerie et d’abus de confiance. Ancien chef de gouvernement sous le régime précédent, il s’était présenté à la présidentielle de 2023, organisée après le coup d’État mené par le général Brice Oligui Nguema, sans succès.

Conditions de détention et opacité judiciaire pointées du doigt

Ses conseils juridiques dénoncent des conditions de détention indignes : une cellule exiguë de cinq mètres carrés, plongée dans l’obscurité, dans une prison de Libreville. Ils révèlent également une période d’isolement de cent jours, qualifiée de « punition arbitraire ». Pire, selon eux, la défense n’a jamais pu consulter le dossier judiciaire. Le juge en charge de l’affaire aurait même affirmé avoir perdu les documents essentiels. Une requête visant à faire annuler la procédure a été rejetée le 2 juin par la cour d’appel de Libreville. « Un citoyen est privé de liberté sur la base d’un dossier inaccessible à ses avocats », a réagi Me Arthur Vercken dans un communiqué. Le coup d’État d’août 2023 a mis fin à cinq décennies de règne de la famille Bongo, ouvrant la voie à une transition politique sous la direction de Brice Oligui Nguema, élu président en 2023 lors d’un scrutin présenté comme une étape vers la restauration du pouvoir civil. L’incarcération de l’opposant s’inscrit dans ce contexte de refonte institutionnelle.