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Guinée-Bissau : ce que les armes saisies à Bissau révèlent vraiment du bras de fer politique

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Une opération de désarmement aux allures de règlement de comptes

À Bissau, les forces de sécurité ont lancé une vaste campagne de fouilles. Conteneurs, habitations, entrepôts : rien n’est laissé au hasard dans cette chasse aux armes et aux munitions dissimulées. Officiellement, il s’agit de prévenir toute menace contre la stabilité de la capitale. Mais derrière cette justification sécuritaire, une réalité plus trouble se dessine. Les équipements recherchés seraient liés à des éléments armés proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Une accusation lourde de sens, à quelques semaines seulement de la présidentielle du 6 décembre.

Embaló, l’absent qui perturbe la transition

Renversé par un coup d’État en novembre 2025, Umaro Sissoco Embaló vit depuis en exil au Maroc. Mais l’homme n’a pas dit son dernier mot. Fin septembre, il a annoncé son intention de rentrer au pays et de briguer à nouveau la magistrature suprême. Son retour était prévu le 4 octobre. La hiérarchie militaire en a décidé autrement, invoquant des impératifs de sécurité et la protection de l’ordre public. Embaló, lui, maintient sa candidature et réclame un examen impartial par les autorités judiciaires.

Un retour bloqué, une candidature en suspens

Pour l’instant, aucune décision juridique n’a officiellement rejeté sa candidature. Mais son retour physique est bel et bien empêché. Résultat : l’ancien président se retrouve dans l’incapacité de faire campagne sur le terrain. Une situation qui pose question dans un pays où l’armée occupe depuis des décennies une place centrale dans les crises politiques.

Le désarmement, une arme politique à double tranchant

Les opérations de saisie ne sont pas anodines. En traquant des armes supposément liées à des réseaux proches de l’ancien pouvoir, la junte affirme vouloir protéger la population. Mais ces perquisitions surviennent au moment précis où la rivalité politique s’intensifie. La question est simple : le désarmement est-il une simple mesure de sécurité ou un moyen de peser sur le rapport de forces avant le scrutin ? Les autorités devront prouver que leurs procédures sont transparentes et qu’elles ne servent pas à écarter des adversaires politiques.

Une transition sous haute surveillance

En août, une nouvelle Constitution a été adoptée à l’issue d’un référendum contesté par une partie de l’opposition et de la société civile. Le texte renforce les pouvoirs présidentiels. Dans ce climat tendu, la présidentielle du 6 décembre devient un rendez-vous crucial pour l’avenir institutionnel du pays. Le retour éventuel d’Embaló, sa candidature et les conditions de campagne des autres prétendants seront scrutés de près.

Bissau, entre armes cachées et avenir incertain

Les militaires continuent de fouiller, de saisir et de désarmer. Mais derrière les conteneurs inspectés se joue une bataille plus large : celle du contrôle de la transition et des conditions dans lesquelles la Guinée-Bissau retournera — ou non — à un pouvoir civil. À deux mois du scrutin, le bras de fer entre la junte et Umaro Sissoco Embaló ne fait que commencer.

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