27 juillet 2026

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Hydrocarbures : Dakar et Alger scellent une coopération énergétique

La coopération énergétique entre le Sénégal et l’Algérie vient de franchir un nouveau palier. Réunis à Alger, les représentants des deux gouvernements ont convenu de mutualiser leurs expertises dans le secteur stratégique des hydrocarbures. Le rendez-vous, tenu dans la capitale algérienne, a associé le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères à ses homologues algériens en charge de l’énergie et de la diplomatie. Il traduit la volonté commune de bâtir un partenariat industriel structuré entre Dakar et Alger, deux pays désormais présents sur la carte des producteurs africains d’hydrocarbures.

Ce rapprochement intervient dans une séquence particulière pour l’économie sénégalaise. Depuis 2024, le pays exploite le champ pétrolier de Sangomar, opéré par l’australien Woodside, et est entré en phase de production gazière avec le projet Grand Tortue Ahmeyim, à cheval sur la frontière avec la Mauritanie. Dakar, qui bâtit son cadre institutionnel dans le secteur, cherche à s’appuyer sur des partenaires disposant d’un historique long et d’une chaîne de valeur intégrée. L’Algérie, membre fondateur de l’OPEP et deuxième fournisseur gazier de l’Europe, coche ces cases.

Un partenariat Sud-Sud dans les hydrocarbures

La rencontre d’Alger a permis d’identifier plusieurs pistes concrètes de collaboration entre les deux États. Les discussions ont porté sur la formation des cadres sénégalais du secteur pétrolier et gazier, sur l’appui technique de la Sonatrach à ses homologues sénégalais, et sur le partage d’expérience en matière de fiscalité, de contenu local et de régulation. Autant de sujets sensibles pour un pays comme le Sénégal, qui doit calibrer le partage de la rente entre acteurs publics, majors internationales et opérateurs locaux.

Pour Alger, l’initiative s’inscrit dans une politique africaine plus offensive. Le pouvoir algérien multiplie depuis deux ans les initiatives diplomatiques en direction de l’Afrique de l’Ouest, à travers la route transsaharienne, le gazoduc Nigeria-Algérie et une présence renforcée dans les enceintes multilatérales continentales. La signature d’accords sectoriels avec Dakar prolonge cette trajectoire et permet à la Sonatrach de projeter son savoir-faire au-delà du Maghreb et du Sahel.

Dakar cherche des relais d’expertise pétrolière

Côté sénégalais, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord d’accélérer la montée en compétence de Petrosen, la compagnie nationale, dont le rôle a été redessiné par la nouvelle équipe au pouvoir depuis 2024. Les autorités sénégalaises ont fait de la renégociation des contrats pétroliers et gaziers un marqueur politique fort, promettant une redistribution plus équitable des revenus tirés des ressources naturelles. Dans cette perspective, l’appui technique d’une compagnie publique étrangère aguerrie constitue un levier utile.

Il s’agit ensuite d’ancrer la stratégie énergétique sénégalaise dans une logique de diversification des partenariats. Jusqu’ici, Dakar traitait principalement avec des majors occidentales — Woodside, BP, Kosmos Energy — et sollicitait l’expertise norvégienne à travers le programme Oil for Development. L’ouverture vers Alger élargit le spectre et introduit un partenaire africain dans un jeu jusque-là dominé par les acteurs du Nord.

Un signal politique au-delà de l’énergie

La séquence dépasse le seul dossier des hydrocarbures. Elle scelle également un alignement diplomatique sur plusieurs dossiers continentaux, alors que le Sahel occidental traverse une phase de recomposition. Les deux capitales entendent coordonner leurs positions au sein de l’Union africaine, notamment sur les questions de sécurité énergétique et d’intégration économique. La présence à Alger du chef de la diplomatie sénégalaise, plutôt que du seul ministre de l’Énergie, en dit long sur la dimension politique de l’accord.

Reste à traduire ces convergences en projets opérationnels. Les précédents accords énergétiques signés par Alger avec d’autres pays africains ont parfois peiné à quitter le stade des intentions. Pour Dakar, l’enjeu sera d’inscrire cette coopération dans un calendrier précis, avec des livrables identifiables : programmes de formation, missions techniques de la Sonatrach, éventuelles prises de participation croisées. Les prochains mois diront si l’axe énergétique Dakar-Alger s’installe durablement dans le paysage africain des hydrocarbures. Selon PressAfrik, les deux parties ont convenu de poursuivre les échanges à un rythme soutenu.

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