Chaque année, l’hypertension artérielle est responsable de plus de 17 000 décès au Cameroun. Près d’un adulte sur trois est touché par cette maladie, avec une prévalence nettement plus élevée en milieu urbain, notamment à Yaoundé et Douala, qu’en zones rurales ou semi-urbaines. Environ 39 % des Camerounais âgés de 25 à 70 ans sont hypertendus.
Pour le Dr Djoumessi Romance, cardiologue rythmologue à l’hôpital de district de Biyem-Assi (Yaoundé), cette hausse des cas est liée aux nouveaux modes de vie. « Les Camerounais consomment davantage d’aliments riches en sel et en graisses. À cela s’ajoutent une consommation fréquente d’alcool et de tabac à des niveaux élevés, ainsi que des facteurs génétiques et l’âge, ce qui accroît considérablement les risques », explique-t-il.
Dans la seule ville de Yaoundé, des milliers de malades suivent un traitement. C’est le cas de Faustin Onana Ebodé, octogénaire habitant le quartier Nkolbikok, qui a survécu à un accident vasculaire cérébral (AVC). Il témoigne : « Ce jour-là, je suis rentré chez moi vers 22 h comme d’habitude. J’ai soudain ressenti une forte pression, puis j’ai perdu l’usage de la parole et tout mon côté gauche s’est paralysé. Seule l’intervention rapide de ma femme, qui est infirmière, m’a sauvé. J’ignorais en fait que je souffrais d’hypertension. »
Le ministère de la Santé publique et la Société camerounaise de cardiologie multiplient les appels à modifier les habitudes de vie et à se faire dépister précocement. Une mesure de la tension artérielle au moins deux fois par an est recommandée pour éviter les complications graves de la maladie.

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