4 juin 2026

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La fin de l’illusion messianique : le bilan d’Ousmane Sonko face aux réalités

Ousmane Sonko face au miroir du pouvoir : L'illusion du Messie s'effondre (Maïmouna Sène, membre du secrétariat exécutif national de l'APR)

Pendant de longues années, il a porté les espoirs d’une transformation profonde du pays, se présentant comme l’homme providentiel capable de balayer les anciennes pratiques politiques au Sénégal. Pourtant, après deux ans d’exercice au sommet de l’État, le constat est sans appel : les discours enflammés de l’ancien opposant se sont fracassés contre la dure réalité de la gestion publique.

Deux ans de gouvernance : une absence de résultats tangibles

Diriger une nation ne se résume pas à l’art de la harangue. Après vingt-quatre mois aux commandes, les promesses de changement systémique peinent à se concrétiser. Entre des hésitations économiques persistantes, un manque de réformes structurelles majeures et une stagnation des indicateurs sociaux, l’action gouvernementale menée par Ousmane Sonko semble marquer le pas.

Alors que les citoyens attendaient des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat, favoriser l’emploi des jeunes et dynamiser l’économie nationale, ils font face à une gestion qui semble manquer de vision à long terme. Cette situation met en lumière une réalité évidente : l’aisance oratoire ne remplace en rien la maîtrise technique des dossiers complexes de l’État. Les responsabilités de Premier ministre paraissent bien lourdes pour celui qui imaginait que la conduite d’un pays se limitait à des slogans électoraux.

Le fossé entre le discours éthique et la pratique

Au-delà des difficultés économiques, c’est sur le plan de l’intégrité que la désillusion est la plus vive. Ousmane Sonko, qui avait bâti sa stature politique sur la promesse d’une moralisation exemplaire de la vie publique, semble avoir adopté les comportements qu’il fustigeait autrefois avec virulence.

Le népotisme, les privilèges et l’opacité dans la gestion sont désormais pointés du doigt. En privilégiant une approche dogmatique, il semble avoir délaissé les valeurs républicaines au profit d’intérêts partisans, décevant une partie de la jeunesse qui voyait en lui un modèle de probité.

Une tension institutionnelle préoccupante

Le point de rupture de cette dérive réside dans son attitude vis-à-vis de l’Assemblée nationale. En tentant d’imposer un cadre institutionnel contesté, Ousmane Sonko s’est engagé dans une voie que de nombreux experts juridiques considèrent comme une entorse aux principes constitutionnels.

Chercher à contourner les textes fondamentaux pour renforcer son autorité personnelle ou échapper au contrôle parlementaire s’apparente davantage à des méthodes autoritaires qu’à une pratique démocratique. Ce manque de respect pour les lois de la République contribue à ternir l’image de l’homme politique.

Le Sénégal n’a pas besoin de figures providentielles. L’exercice du pouvoir a agi comme un révélateur, exposant les lacunes techniques et les contradictions morales d’Ousmane Sonko. Aujourd’hui, face à un bilan dépourvu de succès notables et à des pratiques institutionnelles discutables, le mythe s’effrite. Il appartient désormais aux citoyens de juger les actes plutôt que les promesses.

L’histoire politique retiendra que cette période n’a pas apporté les solutions espérées, mais a conduit à une impasse. La preuve est faite qu’il n’existe pas de sauveur miracle, mais seulement un acteur politique habile dans la communication, mais dépassé par l’exercice du pouvoir. L’heure est désormais à la lucidité et à la vigilance républicaine face à ces manquements constatés.