30 mai 2026

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La lutte contre la drépanocytose au Burkina Faso par Dre Gloria Damoaliga Berges

la lutte contre la drépanocytose au Burkina Faso par Dre Gloria Damoaliga Berges : une mobilisation exemplaire

Ouagadougou — Avec une prévalence de 4,63 % et près de 2 % des nouveau-nés touchés par la forme la plus sévère de la drépanocytose au Burkina Faso, cette maladie génétique représente un enjeu majeur de santé publique. Face à cette situation, des initiatives locales s’organisent pour offrir une prise en charge globale aux patients.

Parmi les acteurs clés de cette mobilisation, Dre Gloria Damoaliga Berges, vice-présidente de l’Association CID/B (Centre d’Initiative contre la Drépanocytose au Burkina Faso), incarne l’engagement humanitaire et médical depuis plus d’une décennie. Son parcours illustre une détermination sans faille pour améliorer le quotidien des familles touchées.

Un engagement né d’une rencontre avec la souffrance

Dès le début de sa carrière médicale, Dre Gloria Damoaliga Berges a été confrontée à la réalité brutale de la drépanocytose. « Face à la douleur insoutenable des enfants et des jeunes patients, je me suis sentie impuissante », confie-t-elle. Cette expérience a marqué un tournant en 2015, lorsqu’elle a été sollicitée pour contribuer à la création d’une unité spécialisée au sein d’un hôpital de Ouagadougou, avec le soutien de la Division d’intervention du Centre d’Initiative contre la Drépanocytose. Cette collaboration a donné une nouvelle dimension à son engagement.

Des actions concrètes pour briser le silence

Parmi les défis majeurs, le manque de sensibilisation autour de la drépanocytose reste un obstacle persistant. Pour y remédier, Dre Damoaliga Berges a mené des campagnes de dépistage communautaire et des sessions d’éducation dans plusieurs régions du Burkina Faso. Entre janvier et juillet 2024, elle a coordonné une opération ayant permis de dépister près de 15 000 enfants dans cinq régions, en partenariat avec une ONG locale. Ces actions visent également à lutter contre la stigmatisation dont souffrent souvent les patients.

Elle a également joué un rôle clé dans :

  • La mise en place d’un dépistage néonatal au sein de structures de santé, en collaboration avec des experts en hématologie et le ministère de la Santé.
  • La formation des professionnels de santé sur la prise en charge de la douleur chez les drépanocytaires.
  • La création du numéro vert gratuit « Drépa Minute » (80001350), accessible dans plusieurs langues locales, pour informer et orienter les familles.

Une prise en charge globale pour redonner espoir

L’Association CID/B, soutenue par des partenaires comme l’Agence Française de Développement, la Fondation Pierre Fabre et la Principauté de Monaco, propose une approche multidimensionnelle :

  • Accompagnement médical : orientation vers des centres de référence et distribution de traitements essentiels.
  • Soutien psychosocial : groupes de parole et séances de coaching psychologique.
  • Appui socio-économique : activités génératrices de revenus pour renforcer l’autonomie des patients.
  • Plaidoyer : collaboration avec les mutuelles de santé pour améliorer l’accès aux soins via l’assurance maladie universelle.

Dre Damoaliga Berges souligne : « Cette approche holistique est essentielle pour améliorer la qualité de vie des patients et briser les tabous associés à la maladie ».

Des progrès encourageants, mais des défis persistants

Grâce à ces efforts, la drépanocytose est désormais mieux reconnue dans les politiques publiques. Un plan stratégique national a été élaboré par le ministère de la Santé, avec un accent particulier sur la mobilisation des ressources et la formation des professionnels.

Néanmoins, des obstacles subsistent :

  • L’accès limité au dépistage dans les zones périphériques.
  • Les difficultés d’approvisionnement en médicaments comme l’hydroxyurée ou les antidouleurs.
  • La prise en charge des complications et les besoins en transfusions sanguines.

Pour Dre Damoaliga Berges, « il est temps que la voix des patients drépanocytaires soit entendue. Investir dans le dépistage néonatal et précoce, ainsi que dans une prise en charge renforcée, doit devenir une priorité nationale ».

Un combat pour la dignité et l’espoir

Malgré les défis, son engagement reste inébranlable. « La lutte contre la drépanocytose, c’est aussi une lutte pour la dignité et l’espoir », déclare-t-elle. Aujourd’hui, de nombreux patients mènent une vie épanouie, fondent une famille et exercent une activité professionnelle, prouvant qu’une prise en charge adaptée change tout.

En combinant innovation médicale, sensibilisation communautaire et solidarité, Dre Gloria Damoaliga Berges et ses partenaires tracent une voie vers un avenir où la drépanocytose ne sera plus une condamnation, mais une maladie gérable.

Pour aller plus loin :
Contactez l’équipe de communication de l’Association CID/B ou de l’OMS Burkina Faso pour des interviews ou des informations complémentaires.