16 juin 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

La souveraineté alimentaire au Bénin : le gouvernement accélère la transformation locale

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a achevé une tournée nationale de trois jours, du centre au nord du pays. Son message est sans équivoque : le Bénin doit mettre fin à l’exportation de ses matières premières brutes et transformer sa production sur place pour assurer sa sécurité alimentaire et générer des richesses.

Le gouvernement béninois s’est lancé dans une véritable course contre la montre pour moderniser l’agriculture. Du 11 au 13 juin, le ministre a visité plusieurs pôles agricoles stratégiques, notamment Paouignan, Glazoué et Parakou. L’objectif : vérifier sur le terrain que la vision du chef de l’État – rompre définitivement avec l’exportation de produits bruts – devient une réalité industrielle.

Riz et manioc : l’indépendance alimentaire en marche

Un premier signal positif vient de la filière rizicole. À Glazoué, le groupe agro-industriel Premium, bien implanté dans la transformation du riz paddy, a annoncé une accélération de ses investissements. Une troisième unité de transformation est en chantier à Dangbo, ce qui portera la capacité globale de 300 000 à 500 000 tonnes de riz par an. De quoi réduire la dépendance du pays aux importations asiatiques.

À Paouignan, le manioc est à l’honneur. Les travaux de la nouvelle usine locale de transformation avancent. Ce complexe produira du gari, du tapioca et surtout de la farine panifiable, alternative au blé importé. L’innovation majeure réside dans sa cogestion entre le secteur privé et les groupements de producteurs, garantissant une répartition équitable des bénéfices et la sécurisation des emplois ruraux.

Anacarde : lutte contre la contrebande

La transformation progresse, mais la disponibilité de la matière première reste un défi. Dans la filière anacarde (noix de cajou), les transformateurs locaux alertent sur la fuite des noix brutes vers les pays voisins. Le ministre Goubalan s’est montré ferme : le gouvernement renforcera les contrôles aux frontières et sécurisera les stocks pour les usines nationales. Laisser partir les noix brutes reviendrait à exporter les emplois des jeunes Béninois.

Coton : objectif 700 000 tonnes sous perfusion de bonus

La tournée s’est achevée sur le coton, secteur sensible de l’économie agricole béninoise. Après trois campagnes marquées par un essoufflement, le gouvernement veut relever le défi. L’objectif est fixé à 700 000 tonnes pour la campagne 2026-2027. Pour motiver les producteurs face à la hausse des intrants, le président a annoncé une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme de coton produit, versée dès que le seuil national sera atteint.

Entre fermeté contre la contrebande, bonus financiers et chantiers industriels, le Bénin dessine une économie agricole plus résiliente. Le défi reste logistique et climatique, mais la volonté politique est solidement ancrée.