Le directeur général de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine Bâti de l’État (SOGEPA), Elimane Pouye, a pris la parole pour remettre en question l’affirmation selon laquelle Ousmane Sonko serait le premier et unique ancien Premier ministre à avoir bénéficié de fonds politiques.
Dans une tribune dédiée à l’analyse de l’utilisation de ces ressources publiques, il souligne que cette allégation, avancée sans fondement précis, ne peut être étayée par des éléments tangibles. Pour lui, cette question nécessite une approche plus rigoureuse, notamment en l’absence de données permettant de différencier la situation d’Ousmane Sonko de celle de ses prédécesseurs.
Il rappelle que l’ancien Premier ministre n’est pas le premier responsable gouvernemental à avoir occupé des fonctions ministérielles. Il invite ainsi à se pencher sur les documents budgétaires de la Primature plutôt qu’à se contenter de déclarations politiques.
Selon lui, l’analyse des budgets des années 2023, 2024 et 2025 révèle une structure similaire dans les allocations. Les variations observées seraient principalement attribuables aux ajustements institutionnels, comme le rattachement ou le détachement de certains services.
Le véritable point novateur, selon Elimane Pouye, réside dans la reconnaissance publique par Ousmane Sonko de l’existence de ces fonds politiques au sein du budget de la Primature, ainsi que dans la divulgation de leur enveloppe et de leur usage général. Cette situation soulève une interrogation majeure : si ces crédits étaient déjà présents dans les budgets antérieurs, dans quelle mesure les anciens Premiers ministres y ont-ils eu recours et à quelles fins ? Une question qu’il juge bien plus pertinente que les polémiques autour du montant ou de la périodicité des allocations.
Le DG de la SOGEPA plaide pour un débat recentré sur la transparence dans l’utilisation de l’argent public. Il estime que les fonds politiques, en tant que ressources publiques, méritent une discussion démocratique, à condition qu’elle s’appuie sur des arguments vérifiables et non sur des sous-entendus.
Il rappelle également que la majorité parlementaire ainsi que le chef de l’État ont exprimé leurs positions sur ce sujet. Elimane Pouye encourage les différents acteurs à confronter leurs arguments dans un débat contradictoire, estimant que cette confrontation est essentielle pour faire progresser la démocratie et l’État de droit.
En conclusion, il défend la vitalité du débat institutionnel sénégalais tout en dénonçant les tentatives de certains acteurs politiques de raviver d’anciens clivages et de détourner l’attention des enjeux réels.

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