12 août 2026

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Présence militaire russe en Libye : un enjeu stratégique pour le Sahel

La Russie renforce sa position en Afrique du Nord en développant un réseau de bases aériennes en Libye, où elle déploie armes, mercenaires et infrastructures militaires. Ces installations, réparties sur l’ensemble du territoire libyen, constituent un axe stratégique pour Moscou afin de projeter sa puissance vers le Sahel et au-delà.

Six bases aériennes sous contrôle russe

Selon des analyses géospatiales, la Russie a investi six bases aériennes en Libye : Al-Joufra, Al-Khadim, Al-Qardabiyah, Brak Al-Shati, Maaten al-Sarra et Tamenhant. Ces sites abritent des systèmes de défense aérienne, des avions de combat MiG-29 et des drones, tandis que des techniciens et mercenaires russes y sont actifs en permanence.

Parmi ces bases, Maaten al-Sarra, située près des frontières du Tchad et du Soudan, joue un rôle clé. Délaissée depuis 2011, elle a été restaurée par des soldats syriens en décembre 2024. Moscou y a déployé des infrastructures logistiques permettant d’approvisionner directement le Burkina Faso, le Mali et le Soudan en armes et en équipements.

Une logistique militaire renforcée

Les rapports indiquent que la Russie a investi dans la modernisation de ces bases. À Al-Khadim, à 100 km à l’est de Benghazi, trois nouveaux hangars, un centre récréatif et des logements ont été construits en 2025. Une caserne a également été ajoutée en 2026, consolidant son rôle de plaque tournante pour les opérations régionales.

Al-Joufra, utilisée depuis 2019, a bénéficié de rénovations avec la construction de hangars, de barrières et d’entrepôts. Quant à Al-Qardabiyah, rattachée à l’aéroport international de Syrte, elle a vu ses pistes d’envol remises à neuf et ses défenses périphériques renforcées.

La base de Brak Al-Shati, dans le sud-ouest, a vu ses effectifs passer de 300 à 450 soldats depuis décembre 2024, tandis que Tamenhant a connu des travaux d’extension incluant de nouveaux bâtiments et une route améliorée.

Un obstacle à la stabilité régionale

La présence russe en Libye complique les efforts d’unification du pays et freine les initiatives de paix. Les factions soutenues par Moscou résistent aux accords de réconciliation, prolongeant ainsi l’instabilité. « Cette implantation entrave tout processus de paix durable en Libye », souligne un analyste du Middle East Council on Global Affairs.

Les bases libyennes servent également de hubs pour le trafic d’armes et le soutien à des groupes armés. En 2023, des mercenaires du groupe Wagner, prédécesseur de l’Africa Corps, ont utilisé Tamenhant pour acheminer des armes vers le Soudan durant la guerre civile.

Un pivot stratégique vers le Sahel

La Russie a progressivement remplacé la Syrie comme plateforme logistique pour ses opérations en Afrique. Après l’affaiblissement de son influence à Damas, Moscou s’est tourné vers la Libye pour étendre sa zone d’influence jusqu’au Sahel. « Une base comme Maaten al-Sarra permet à Moscou d’approvisionner discrètement des groupes armés au Tchad ou au Soudan », explique un expert de l’Eurasia Daily Monitor.

Cette stratégie s’accompagne d’investissements dans les infrastructures portuaires, comme à Tobrouk, pour sécuriser ses lignes d’approvisionnement. La Russie mise sur une présence militaire durable en Libye pour consolider son rôle de puissance incontournable en Afrique.