24 mai 2026

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Le Niger fonde la TSUMCO sa et évince définitivement le groupe Orano

Le gouvernement nigérien a franchi une étape décisive dans la gestion de ses ressources minières en révoquant la concession du groupe Orano Mining. Cette décision s’accompagne de la naissance d’une nouvelle entité étatique destinée à piloter l’exploitation des gisements d’uranium sur le territoire national.

La naissance de la TSUMCO SA pour remplacer la Somaïr

Sous la direction du chef de l’État, Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a officialisé la création de la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette société nationale succède désormais à la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), dont les actifs ont été nationalisés par les autorités de Niamey. Cet acte marque la fin de l’ère Orano sur le périmètre minier d’Arlit, mettant un terme à un droit d’exploitation qui courait depuis 1978.

Le choix du nom « Teloua » n’est pas anodin : il fait référence à une nappe phréatique majeure située dans la zone d’Arlit. Pour les autorités, cette appellation symbolise un « devoir de mémoire » face aux conséquences écologiques de l’exploitation passée. Le gouvernement pointe du doigt des dégradations significatives touchant les sols, les réserves en eau et la biodiversité saharienne, affirmant sa volonté de tenir les anciens exploitants pour responsables de ces dommages environnementaux.

Un contentieux financier et réglementaire

La rupture s’est cristallisée autour de nouvelles exigences fiscales. Depuis une ordonnance de 2024, le Niger impose une redevance superficiaire annuelle de 25 millions de francs CFA par kilomètre carré pour les zones non exploitées. Le refus du groupe français de s’acquitter de cette taxe a entraîné une mise en demeure, restée sans réponse, aboutissant finalement à la résiliation du contrat d’exploitation. Niamey maintient par ailleurs que l’ancien concessionnaire reste lié par ses dettes fiscales et ses engagements en matière de réhabilitation des sites.

Un bras de fer pour l’exportation de l’uranium

La situation s’est envenimée sur le terrain juridique. Ousmane Abarchi, le ministre nigérien des Mines, dénonce une stratégie de blocage de la part du groupe français. Selon lui, les multiples recours judiciaires engagés par l’entreprise s’apparentent à un harcèlement visant à empêcher le Niger de vendre son uranium sur le marché international. Ce tournant industriel s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté économique et stratégique pour le pays, redéfinissant totalement ses relations avec ses anciens partenaires miniers.