L’agence de notation S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du Tchad à «B-» avec une perspective stable, validant ainsi la stratégie économique mise en place par le gouvernement. Cette annonce, faite en mars dernier, reflète la confiance accrue des investisseurs dans la solidité du modèle économique tchadien. Selon les autorités, cette décision s’appuie sur plusieurs indicateurs clés : une croissance soutenue, un endettement maîtrisé et un soutien continu des partenaires internationaux.
Une croissance économique en accélération constante
Depuis 2023, l’économie tchadienne affiche une reprise remarquable, stimulée par la hausse des prix des hydrocarbures et le rebond des secteurs tertiaires. En 2025, la croissance du PIB réel a atteint 5 %, surpassant les prévisions initiales de S&P qui tablaient sur 3,6 % pour la période 2024-2027. Le Fonds monétaire international (FMI) a de son côté révisé ses estimations à 5,2 % en décembre 2024, confirmant la résilience de l’économie tchadienne.
Cette dynamique positive repose sur plusieurs piliers : l’amélioration de la production agricole, le redressement des secteurs non pétroliers et la robustesse du secteur pétrolier, toujours dominant dans les exportations et les recettes publiques. L’agriculture et les services jouent également un rôle clé en alimentant la demande intérieure, tandis que les réformes structurelles renforcent la compétitivité du pays.
Un endettement maîtrisé pour une économie plus résiliente
Le Tchad a significativement réduit son niveau d’endettement public, passant sous la barre des 36 % du PIB, un taux modéré comparé à celui d’autres économies régionales. Cette amélioration s’explique par des réformes ambitieuses, dont le rééchelonnement de la dette extérieure via le cadre commun du G20 en 2022, une première mondiale. Aujourd’hui, la dette extérieure ne représente plus que la moitié de la dette totale et bénéficie majoritairement de conditions concessionnelles, facilitant ainsi la gestion des finances publiques.
Cette maîtrise de l’endettement offre au Tchad une marge de manœuvre financière accrue, lui permettant de financer des projets stratégiques tout en maintenant une trajectoire budgétaire prudente. Les autorités misent sur une politique de soutenabilité pour attirer les investissements et renforcer la confiance des partenaires internationaux, notamment dans le cadre du Plan national Tchad Connexion 2030.
Des recettes intérieures en forte progression
La mobilisation des recettes intérieures constitue un axe majeur des réformes économiques engagées au Tchad. Le ratio recettes fiscales/PIB a progressé de manière notable, passant de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023, selon les données de l’OCDE. Cette hausse reflète un élargissement de l’assiette fiscale et une meilleure administration des impôts, renforçant ainsi les capacités budgétaires de l’État.
En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les prévisions, soutenues par la vitalité des secteurs hors hydrocarbures et les mesures issues de l’accord conclu avec le FMI en juillet 2025 (d’un montant de 625,3 millions de dollars). La numérisation des finances publiques et le renforcement de la gouvernance contribuent également à optimiser la collecte des recettes et à améliorer la transparence.
Les autorités tchadiennes soulignent que cette amélioration de la notation par S&P consolide la crédibilité financière du pays, facilitant l’attraction des investissements privés et renforçant la confiance des partenaires internationaux dans les réformes en cours.
Tchad Connexion 2030 : un plan ambitieux pour l’avenir
Malgré ces avancées, le maintien de la note stable par S&P impose de poursuivre les efforts sur plusieurs fronts : diversification économique, optimisation des recettes fiscales, maîtrise de l’endettement et développement des infrastructures. Ces enjeux sont au cœur du Plan national Tchad Connexion 2030, adopté en mai 2025 après la transition politique.
Ce plan stratégique, lancé suite à l’élection du Président Mahamat Idriss Deby Itno, vise à transformer l’économie tchadienne en mobilisant 20,5 milliards de dollars auprès de partenaires publics et privés. Objectif : sortir 2,6 millions de Tchadiens de la pauvreté d’ici 2030 grâce à une croissance annuelle moyenne de 8 %, permettant d’augmenter le PIB de 60 % sur la période.
Structuré autour de quatre piliers, le plan se décline en 17 programmes et 268 projets :
- Développement des infrastructures stratégiques : électricité, eau, transports et télécommunications.
- Renforcement des politiques sociales : éducation, santé, formation professionnelle, emploi des jeunes et inclusion.
- Diversification économique : promotion des filières agricoles, élevage, pêche, mines, tourisme et transformation locale.
- Amélioration du climat des affaires : simplification administrative et attractivité des investissements.

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