L’Inspection Générale des Finances passe à l’offensive sur le secteur minier
Pour l’exercice 2026, une nouvelle campagne de contrôle systémique a été lancée par l’Inspection Générale des Finances (IGF). Cette fois-ci, l’accent est mis sur le secteur minier, un pilier essentiel de l’économie nationale. Près de 200 entités publiques et privées sont concernées par cette vaste opération, qui mobilise 118 inspecteurs des finances à travers tout le pays.
Si les audits portent également sur la paie des fonctionnaires et le contrôle des biens publics, le cœur de cette mission reste l’examen approfondi des revenus générés par l’exploitation minière. Une démarche décidée lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, reflétant la volonté des autorités de renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion des recettes publiques.
Un secteur stratégique sous haute surveillance
Le secteur minier représente une part significative des recettes de l’État. Pourtant, les pouvoirs publics souhaitent obtenir une vision claire de l’ensemble de la chaîne de valeur : de la production à la déclaration, en passant par la collecte et la traçabilité des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. Cette campagne vise à évaluer les mécanismes de perception des recettes minières, identifier les éventuelles faiblesses dans leur gestion et proposer des solutions pour en optimiser le rendement au profit du Trésor public.
Christophe Bitasimwa Bahii, Inspecteur Général des Finances, a rappelé aux équipes l’importance stratégique de cette mission. Il a insisté sur l’éthique et l’indépendance des inspecteurs, exhortant ces derniers à accomplir leur travail avec rigueur et impartialité, sans se laisser influencer par des pressions extérieures.
« Nous sommes des hauts fonctionnaires de l’État. Votre mission doit être guidée par l’intérêt général. Agissez avec objectivité, sans craindre les intimidations. L’impartialité et l’équité doivent guider chacune de vos conclusions », a-t-il déclaré lors du briefing des équipes.
Des mesures ciblées pour renforcer la collecte des recettes
Cette deuxième vague de contrôles s’inscrit dans la continuité des actions engagées depuis le début de l’année. Emmanuel Tshibingu, Inspecteur Général des Finances adjoint, a souligné que cette opération s’ajoute aux missions de surveillance des recettes douanières et fiscales. Certains inspecteurs seront d’ailleurs déployés dans des points stratégiques afin de renforcer la collecte des recettes publiques.
« La première vague de contrôles pour 2026 s’est achevée. Aujourd’hui, nous lançons la deuxième, avec un focus particulier sur les revenus miniers. Cette initiative répond à une demande du Gouvernement. Nous agissons aussi sur les recettes douanières et fiscales pour maximiser les rentrées de l’État », a-t-il expliqué.
Les autorités insistent également sur la qualité des investigations et la précision des analyses. Les rapports produits par les inspecteurs serviront de base décisionnelle pour les pouvoirs publics, afin d’améliorer la gouvernance du secteur minier et d’en faire un levier clé du développement économique national.
Renforcer la transparence pour un secteur minier plus performant
Cette mission de l’IGF s’inscrit dans une dynamique de redevabilité et de lutte contre les pratiques frauduleuses. En obtenant une meilleure visibilité sur les revenus miniers, l’État pourra mieux évaluer l’impact réel de ce secteur sur l’économie et mettre en place des politiques publiques plus efficaces. Les résultats de ces audits devraient permettre d’identifier des pistes d’amélioration pour optimiser la collecte des recettes et renforcer la confiance des investisseurs.
Avec cette nouvelle offensive, l’IGF réaffirme son rôle central dans la préservation des finances publiques et son engagement à accompagner le Gouvernement dans la modernisation de la gestion des ressources naturelles.

Plus d'histoires
Francophonie : la France manipule-t-elle l’élection du secrétaire général ?
Gabon : la science transforme l’agriculture pour une autonomie alimentaire
Mali : la justice contre le journaliste Chahana Takiou, symbole de l’oppression médiatique