Un partenariat stratégique pour la sécurité hydrique marocaine
Une étape majeure vient d’être franchie à Rabat pour renforcer les infrastructures hydrauliques du Royaume. Une enveloppe globale de 348 millions d’euros, soit approximativement 3,7 milliards de dirhams, a été actée pour soutenir un programme d’envergure dédié à la gestion de l’eau au Maroc.
La signature de cette convention s’est déroulée au siège du ministère de l’Équipement et de l’Eau, réunissant le ministre Nizar Baraka et les ambassadeurs de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Cet accord, prévu pour une durée de trois ans, s’inscrit dans la continuité directe des engagements pris en novembre 2024 lors des échanges diplomatiques entre le roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron.
Une mobilisation européenne coordonnée
Plusieurs institutions financières de premier plan participent à cet effort collectif. L’Agence française de développement (AFD) assume le rôle de chef de file dans ce projet, aux côtés de la banque de développement allemande KfW et de la Caisse des dépôts et prêts italienne (CDP). À cette occasion, le nouvel ambassadeur de France, Philippe Lalliot, a souligné que l’engagement total de son pays dans le secteur de l’eau au Maroc atteint désormais le cap symbolique d’un milliard d’euros.
Le financement servira des objectifs concrets : améliorer l’accès à l’eau potable dans les zones rurales et intensifier l’irrigation agricole. Face aux défis croissants posés par le changement climatique, l’Union européenne réaffirme sa volonté de placer la problématique de l’eau au sommet de ses priorités de coopération avec le Royaume, comme l’a rappelé le diplomate Dimiter Tzantchev.
Vers une souveraineté hydrique durable
Pour le ministre Nizar Baraka, l’enjeu est avant tout stratégique et existentiel. La politique nationale actuelle s’appuie sur un réseau de 26 barrages opérationnels, permettant d’irriguer environ 1,5 million d’hectares. L’ambition est désormais de porter à 60 % la part de l’approvisionnement en eau potable issue des usines de dessalement à court terme.
« Celui qui ne maîtrise pas l’eau ne maîtrise pas son destin », a martelé le ministre, insistant sur la mise en œuvre d’une gouvernance rigoureuse basée sur des résultats efficients. Cette coopération renforcée, notamment avec l’Allemagne, témoigne de la solidité des relations bilatérales et de l’urgence de répondre au stress hydrique par des infrastructures modernes et une gestion optimisée des ressources.

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