30 juin 2026

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Mali : des milliers de Dogons regagnent leurs villages après un accord avec le Jnim

Au Mali, plusieurs milliers de déplacés dogons sont retournés dans leurs localités du cercle de Bankass, dans le centre du pays. Ce mouvement de retour a été rendu possible grâce à la signature d’accords locaux entre les communautés villageoises et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), une organisation affiliée à Al-Qaïda.

En contrepartie de ce retour, les villageois peuvent retrouver leurs habitations et leurs terres agricoles. Toutefois, ils doivent se plier à des règles édictées par les groupes djihadistes, notamment le port obligatoire du voile pour les femmes et l’interdiction de l’enseignement occidental dans les écoles.

Fermeture d’écoles et codes vestimentaires imposés

Ces conditions touchent également les tenues et les pratiques religieuses. Les hommes sont tenus de porter des pantalons courts, les écoles républicaines sont fermées, et le voile devient obligatoire pour toutes les femmes. En échange, les villageois – majoritairement peuls et dogons – peuvent mener leurs activités champêtres et pastorales, d’autant que la saison des pluies a débuté au Mali en juin.

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur originaire du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, témoigne sous couvert d’anonymat. Après sept ans d’absence liée au conflit, il a regagné son village sans sa femme ni ses enfants. Il s’exprime sur la fermeture de l’école publique et les contraintes vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été saccagée par les groupes armés terroristes lors de notre déplacement en 2019. Tout a été détruit. Même si l’on nous demandait de la reconstruire immédiatement, nous refuserions. Nous avons repris nos activités après les garanties données par le maire de Bankass. Nous ne portons pas encore de pantalons courts. Et nous ne sommes pas revenus avec nos épouses, pour voir si le port du voile islamique est imposé ou non. »

La reprise des cultures dans les champs

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, confirme que ces accords locaux ont favorisé un retour massif des déplacés. Selon lui : « Grâce aux accords signés, les habitants reviennent dans toutes les localités abandonnées. Les 13 villages qui accueillent leurs ressortissants incluent deux villages de Kani Bozon, un village de la commune rurale de Dimbal, et le reste relève de la commune de Bankass. Il pleut en ce moment et beaucoup de revenants ont commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. Tout le monde est satisfait. »

Les termes des accords locaux précisent que les autorités coutumières et les notabilités doivent se conformer aux règles établies par les groupes armés terroristes, qui font de l’application de la charia le fondement de leur collaboration avec les villageois.