30 juin 2026

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Rabat au cœur de la transition : un forum national pour décarboner les industries alimentaires marocaines

Le Forum National sur la Décarbonation des Industries Alimentaires s’est tenu lundi à Rabat, organisé par la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI). Cette rencontre constitue une avancée majeure dans l’élaboration d’une stratégie bas carbone pour un secteur clé de l’économie marocaine.

Placé sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi que du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, ce forum a rassemblé une large palette d’acteurs : représentants publics, privés, financiers, techniques et institutionnels, tous engagés dans la transformation durable des industries alimentaires au Maroc.

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique impulsée par la FENAGRI pour accompagner la transition bas carbone du secteur, dans un environnement marqué par la flambée des coûts énergétiques, la pression accrue sur les ressources en eau, l’évolution des exigences des marchés internationaux et l’intégration progressive des critères climatiques dans les chaînes de valeur.

Le poids des industries alimentaires dans l’économie nationale est considérable : elles réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 191 milliards de dirhams, comptent près de 2 600 entreprises réparties sur tout le territoire, génèrent plus de 206 000 emplois directs, contribuent à hauteur de 44 milliards de dirhams aux exportations et couvrent environ 77 % des besoins nationaux en produits alimentaires transformés.

Cette importance économique s’accompagne d’un enjeu énergétique de premier plan. Les industries alimentaires consomment environ 380 000 tonnes équivalent pétrole par an, soit près de 20 % de la consommation énergétique industrielle nationale. Ces données soulignent à la fois le poids stratégique du secteur et la nécessité d’une décarbonation progressive, structurée et adaptée aux spécificités des différentes filières.

Dans ce cadre, la FENAGRI a lancé, avec l’appui du ministère de l’Industrie et du Commerce, une étude nationale destinée à élaborer une feuille de route de décarbonation à l’horizon 2040. Cette étude vise à identifier les principales sources d’émissions, évaluer les leviers de réduction, définir les trajectoires de transition possibles et proposer les conditions opérationnelles de mise en œuvre.

Le forum a permis de partager les premiers résultats de cette démarche et d’engager un dialogue structuré avec l’ensemble de l’écosystème. Les échanges ont mis en évidence un large consensus : la décarbonation ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte réglementaire ou environnementale, mais comme un levier de compétitivité économique, de modernisation industrielle, de performance énergétique, d’accès aux marchés et de résilience pour les entreprises marocaines.

Abdelmounim El Eulj, président de la FENAGRI, a souligné que la décarbonation des industries alimentaires est un chantier d’actualité, qui impacte directement la compétitivité, la performance énergétique, l’accès aux marchés, la capacité d’investissement et la résilience face aux nouvelles exigences climatiques et économiques.

Les discussions ont également mis en avant la nécessité d’une mobilisation coordonnée entre pouvoirs publics, industriels, institutions financières, partenaires internationaux, experts techniques et fédérations professionnelles.

La réussite de cette transition dépendra en grande partie de la capacité à mettre en place des mécanismes d’accompagnement sur mesure, à faciliter l’accès au financement vert, à renforcer l’expertise technique des entreprises et à promouvoir une approche intégrée garantissant une plus grande cohérence entre les politiques industrielles, énergétiques, environnementales et hydriques.

Une attention particulière a été accordée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) industrielles, qui représentent une composante essentielle du tissu productif national. Leur accompagnement sera déterminant pour assurer une transition inclusive, progressive et réellement opérationnelle.

Les échanges ont souligné le besoin de solutions accessibles, de diagnostics adaptés, de projets bancables et de dispositifs de financement capables de répondre aux réalités des différentes filières alimentaires.

À l’issue du forum, la FENAGRI a réaffirmé sa volonté de pérenniser cette dynamique. Les prochaines étapes incluent la mise en place d’un cadre de suivi de la feuille de route, l’organisation d’ateliers par sous-filière, le renforcement du dialogue avec les partenaires financiers et techniques, ainsi que l’accompagnement des entreprises membres dans la définition et la mise en œuvre de leurs propres trajectoires de décarbonation.