22 juin 2026

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Minembwe sous tension : le M23/Twirwaneho revendique un succès militaire face à la coalition

21 juin 2026 Adam Ntwari
Sécurité 

Minembwe : le M23/Twirwaneho revendique une victoire et accuse la coalition FARDC–FDNB–Wazalendo de recul après une semaine de combats

Minembwe, Sud-Kivu – Une semaine de violents affrontements a récemment embrasé les hauts plateaux des territoires de Fizi et Mwenga, en République démocratique du Congo. Ces combats intenses ont opposé les éléments de Twirwaneho, désormais intégrés à la coalition politico-militaire AFC-M23, aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et les milices locales Wazalendo, appuyées par Kinshasa.

À l’issue de cette période de combats acharnés, les combattants Twirwaneho/M23 déclarent avoir réussi à repousser les forces gouvernementales et leurs alliés de plusieurs positions stratégiques autour de Minembwe. Parallèlement, des rapports émanant de sources locales et militaires font état d’un repli des troupes engagées dans la coalition.

Des sources sur place rapportent que l’intensité des affrontements a atteint son paroxysme au cours de la semaine écoulée, avec l’utilisation d’armes lourdes, de drones de combat et de bombardements. Il semblerait que les FARDC, la FDNB et leurs partenaires se soient ensuite retirés vers les localités de Lwiko, Mutunda et Miko, abandonnant ainsi plusieurs points périphériques de Minembwe au contrôle des combattants Twirwaneho/M23.

Les récits des habitants qui ont fui les zones de combat pour trouver refuge à Kiziba dépeignent des scènes de panique généralisée et d’exodes massifs de civils. De nombreux témoignages font état de bombardements ayant touché des zones résidentielles, bien qu’aucun bilan indépendant des victimes n’ait pu être établi à ce jour.

Les FARDC n’ont pas encore diffusé de communiqué officiel détaillé concernant ces événements. Cependant, des sources militaires basées localement ont confirmé un repositionnement stratégique de leurs troupes suite à des affrontements particulièrement violents dans les secteurs d’Ilundu et de Bidegu.

Des informations non confirmées circulant dans la région suggèrent également que des soldats burundais de la FDNB auraient laissé derrière eux du matériel militaire lors de leur retraite vers Kakenge (Miko). Des pertes humaines seraient à déplorer au sein des FARDC, de la FDNB et des Wazalendo, sans qu’un bilan officiel ne soit disponible publiquement.

Revendications de victoire et discours triomphal

Du côté des combattants Twirwaneho/M23, le ton est résolument celui de la victoire militaire. Ils affirment avoir contraint les forces gouvernementales et leurs alliés à reculer au-delà de plusieurs lignes de front, ce qui leur aurait permis de consolider leurs positions autour de Minembwe.

Les combats dans l’est congolais continuent de pousser des civils, principalement des femmes et des enfants, à fuir vers des camps de déplacés où les conditions de vie restent précaires et marquées par le manque d’abris, de nourriture et d’accès aux soins de base. ©SOS Médias Burundi

L’ancien député national congolais Moïse Nyarugabo a publiquement salué ce qu’il décrit comme un « recul significatif des forces engagées contre Minembwe ».

« La menace pesant sur Minembwe a été écartée. Malgré les bombardements intensifs de Soukhoï, l’utilisation de drones et l’artillerie lourde, les forces adverses ont été repoussées au-delà de la rivière Lwiko », a-t-il affirmé.

Selon ses déclarations, les opérations militaires lancées depuis plusieurs mois n’auraient pas réussi à garantir une sécurité durable dans ces hauts plateaux, qui demeurent une zone d’instabilité chronique.

Il a également imputé à la coalition la responsabilité des bombardements qui auraient entraîné des pertes civiles et des déplacements massifs de populations.

Controverses autour de la présence de la FDNB

La participation de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) aux côtés des FARDC continue de susciter de vives controverses dans la région.

Certaines sources au sein des services de sécurité avancent que Kinshasa aurait proposé à Gitega des compensations sous forme d’avantages liés à l’exploitation minière dans la région de Minembwe et d’autres secteurs du territoire de Fizi, en échange de son soutien militaire. Ces allégations n’ont toutefois été confirmées ni par les autorités congolaises ni par leurs homologues burundaises.

Néanmoins, les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont bien confirmé l’existence d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire, autorisant l’intervention des forces burundaises sur le territoire congolais. Un rapport du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité indique que plus de 29 000 soldats burundais auraient été déployés dans l’est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025.

Dans ce contexte de fortes tensions, l’armée burundaise a récemment procédé à de nouveaux redéploiements dans la région, notamment après le retrait des rebelles de l’AFC-M23 de la ville stratégique d’Uvira. Cette localité, située près de Goma et des axes reliant l’est congolais au Burundi, avait été occupée pendant près d’un mois, entre décembre 2025 et janvier 2026, avant le repli des rebelles.

Plus récemment, des informations locales suggèrent également que des éléments de l’AFC-M23 se sont retirés de certaines positions dans la plaine de la Rusizi, suite à des pressions internationales, notamment de la part des États-Unis et d’autres partenaires impliqués dans les efforts de désescalade régionale.

AFC-M23 et Twirwaneho au cœur de la crise

Le Mouvement du 23 mars (M23) est aujourd’hui une composante majeure de la coalition politico-militaire Alliance Fleuve Congo–M23 (AFC-M23), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la République démocratique du Congo.

Dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, cette coalition s’appuie notamment sur le mouvement armé Twirwaneho, dont les rangs sont majoritairement composés de jeunes issus de la communauté Banyamulenge.

Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de fournir un soutien à l’AFC-M23 et à ses alliés, des allégations que Kigali rejette systématiquement. Le Rwanda, de son côté, reproche à Kinshasa sa collaboration avec les FDLR, un groupe armé composé d’anciens responsables hutus impliqués dans le génocide des Tutsis de 1994.

Le Burundi accuse également le Rwanda de soutenir des groupes armés opérant contre son territoire et d’entretenir des ambitions d’influence dans l’est de la RDC. Kigali rejette ces accusations, tout en reprochant à Gitega une collaboration avec les FDLR et d’autres groupes armés actifs dans la région.

Dans ce climat de tensions persistantes, le M23/AFC, mouvement majoritairement tutsi ayant repris les armes fin 2021 suite à des accusations de non-respect de ses engagements de réintégration par Kinshasa, contrôle ou exerce une influence significative sur plusieurs zones stratégiques du Nord et du Sud-Kivu, incluant des axes économiques vitaux et des localités clés.

Une région en proie à une instabilité chronique

Malgré les multiples accords régionaux et les initiatives diplomatiques visant à apaiser la crise dans l’est de la RDC, les affrontements armés persistent sur le terrain, sans perspective immédiate d’une désescalade durable.

Les hauts plateaux de Fizi demeurent ainsi l’un des foyers d’instabilité les plus critiques de la région des Grands Lacs, où les rivalités locales s’entremêlent inextricablement aux tensions géopolitiques entre Kigali, Kinshasa et Gitega.

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Photo d’archives : miliciens locaux à l’attaque du M23 à Bashali, tandis que des combats opposent divers groupes armés à Minembwe, dans un contexte de fortes tensions dans l’est de la RDC.

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