17 juin 2026

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Paris sportifs à Dakar : l’engouement avant le mondial 2026

Sénégal : l’essor des Paris sportifs à l’approche du Mondial 2026

Avec l’ouverture prochaine de la Coupe du monde de football 2026, Dakar vit au rythme de l’effervescence sportive. Mais cette passion pour le ballon rond se transforme aussi en une frénésie de Paris en ligne. Depuis cinq ans, le secteur a connu une véritable révolution numérique : exit les boutiques physiques, place aux applications mobiles. Résultat ? Un nombre croissant de Sénégalais s’adonnent désormais aux Paris, persuadés que le Mondial a déjà débuté.

Supporters du Sénégal lors d'un défilé à Dakar en janvier 2026

Des jeunes Dakarois pris dans la spirale des Paris

Assane, footballeur amateur dans un club de quartier à Dakar, n’a qu’une idée en tête : maximiser ses chances de gagner avant le match Sénégal-France du 16 juin. « Je mise sur deux applications différentes : l’une sur la France, l’autre sur le Sénégal. Comme ça, quoi qu’il arrive, j’ai une chance de gagner. Un de mes amis m’a appelé en me disant : « Assane, j’ai besoin d’argent, viens, on fait des Paris. » Je lui ai répondu : « Vas-y, on tente notre chance. » »

Mohamed, lui, avoue sans détour son excitation pour les Paris sportifs. « Cela m’excite », confie-t-il en riant. Il a déjà placé des mises sur le match d’ouverture des Lions de la Teranga face aux Bleus. « J’ai misé sur plusieurs scénarios : le Sénégal gagne, les deux équipes marquent, Mbappé marque pour la France et Mané pour le Sénégal… J’espère que tout se passera comme prévu, car si c’est le cas, je gagne gros ! »

Des pertes financières qui s’accumulent

Mohamed a parié 80 000 francs CFA (soit 122 euros) le mois dernier. À ce jour, il a perdu 30 000 francs CFA (45 euros). « Je mise sur tous les championnats, en Europe, aux États-Unis, en Chine… il n’y a pas de limites. Mais il faut être honnête : on perd plus qu’on ne gagne », admet-il.

Comme Mohamed, des milliers de Sénégalais se sont lancés dans les Paris après la pandémie de Covid-19. L’essor des plateformes numériques a levé les tabous, permettant à toutes les couches sociales de jouer sans crainte du jugement, notamment dans un pays majoritairement musulman où les Paris étaient traditionnellement mal perçus.

Un secteur en pleine mutation, sous haute surveillance

Malick Diouf, fondateur du Dakar Sport Summit, observe de près cette évolution. « Le digital a démocratisé l’accès aux Paris, mais il a aussi accru les risques de dépendance. » Trois acteurs dominent le marché : l’opérateur russe 1xBet, la société française Betclic et le groupe sénégalais Sunubet. Depuis novembre 2025, leurs revenus sont taxés à 20 %, tout comme les gains des parieurs. « Les fonds collectés par l’État doivent servir à financer le sport professionnel et amateur », précise Malick Diouf.

Avec l’arrivée du Mondial 2026, les associations de prévention tirent la sonnette d’alarme : cette période d’effervescence sportive est aussi celle de tous les excès.

Dans les ruelles de Dakar, la passion pour le ballon rond se double désormais d’une frénésie de Paris. Une tendance qui interroge autant qu’elle fascine.