3 août 2026

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Réforme du Pastef rejetée : Sonko et le président Faye dans l’impasse

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réforme du Pastef rejetée : Sonko et le président Faye dans l’impasse

Le Conseil constitutionnel a douché les ambitions de la majorité présidentielle en invalidant une réforme clé.

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu hier un verdict sans appel : la réforme institutionnelle portée par le parti au pouvoir, le Pastef, a été déclarée inconstitutionnelle. Cette décision marque un tournant dans la stratégie politique du gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, qui comptait sur cette réforme pour renforcer les prérogatives de l’Assemblée nationale et rééquilibrer les institutions.

Deux griefs majeurs ont justifié cette invalidation : l’absence de dispositif de financement pour la future Cour constitutionnelle prévue par le texte, et le non-respect des procédures parlementaires lors de l’examen des amendements. Saisi par le président lui-même, le Conseil a rappelé que toute modification constitutionnelle doit respecter scrupuleusement les règles d’équilibre des pouvoirs et de transparence financière.

Un revers pour les partisans de la réforme

Adji Diarra Mergane Kanouté, figure de l’opposition et présidente de la coalition Ensemble Demain, a salué cette décision. Pour elle, le Conseil constitutionnel a joué son rôle de garant des institutions :

« Le rejet du texte ne signifie pas la fin des débats, mais il rappelle une évidence : dans une démocratie, même avec une majorité, les règles constitutionnelles s’imposent à tous. L’organisation d’un référendum ou d’une nouvelle réforme doit désormais s’accompagner de recettes compensatrices pour financer les nouvelles institutions, comme le prévoit l’article 82 de la Constitution. Le non-respect de la procédure de vote bloqué par l’Assemblée est également un manquement grave. »

Les réactions politiques sous le feu des projecteurs

Ousmane Sonko, leader du Pastef et désormais éloigné de la Primature, a reconnu publiquement la décision du Conseil constitutionnel. Cependant, la coalition présidentielle a adopté un ton plus conciliant, insistant sur la nécessité de poursuivre le dialogue pour faire avancer les réformes. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a pour sa part défendu l’arbitrage du Conseil, estimant qu’il a préservé l’équilibre institutionnel du pays.

« Cette décision est une bouffée d’oxygène pour la démocratie sénégalaise. Elle rappelle que les réformes ne peuvent être imposées sans concertation. Le Conseil constitutionnel a rappelé que la République ne se gouverne pas à coups de majorité absolue, mais par le respect des principes fondamentaux. »

Tensions politiques : l’ombre d’une cohabitation conflictuelle

La décision du Conseil survient alors que les relations entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se dégradent. Après avoir quitté la Primature en mai, Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale, mais les divergences entre les deux hommes s’affichent désormais au grand jour. Récemment, Sonko évoquait une situation de cohabitation, un terme qui, au Sénégal, résonne comme un avertissement.

Pour les observateurs, cette invalidation n’est qu’un épisode d’une crise plus large qui secoue les institutions. Certains y voient le prélude à une recomposition du paysage politique, tandis que d’autres craignent une paralysie des réformes dans un contexte déjà tendu.