30 mai 2026

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Sage-femmes au Mali : une formation qui sauve des vies

sage-femmes au Mali : une formation qui sauve des vies

Bamako – « Avant, évoquer la contraception était un vrai sujet de honte. Dans mon quartier, parler de ces choses-là pouvait me valoir des regards désapprobateurs ou des jugements », confie Kadidia, 19 ans, jeune Bamakoise en formation. Comme elle, des milliers de jeunes Maliennes subissent encore les freins sociaux, culturels et structurels qui limitent leur accès aux soins en santé sexuelle et reproductive.

En 2024, le Mali a recensé 583 décès maternels, dont 89 chez des adolescentes de 15 à 19 ans. Les risques liés aux grossesses précoces ou non désirées restent élevés, même si les chiffres montrent une nette amélioration : sur près de 4,8 millions de femmes en âge de procréer, 559 493 ont pu accéder à des méthodes contraceptives modernes en 2024, contre 480 682 l’année précédente.

Santé sexuelle au Mali : un enjeu de santé publique et de droits humains

L’accès à des services de santé reproductive adaptés et inclusifs constitue un levier essentiel pour la sécurité et l’épanouissement des jeunes femmes. Ces services leur offrent la possibilité de prendre des décisions éclairées sur leur corps, réduisent les grossesses non désirées grâce à la contraception, limitent la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST), et améliorent leur bien-être physique et mental. Dans un contexte où les tabous persistent et où les risques sanitaires sont importants, renforcer ces droits s’impose comme une priorité absolue pour les autorités.

L’OMS et ses partenaires au chevet de la santé reproductive au Mali

Pour répondre à ces défis, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) collabore étroitement avec le gouvernement malien dans le cadre d’un programme ambitieux visant à élargir l’accès aux droits et aux soins en santé sexuelle et reproductive. Ce programme s’articule autour de plusieurs axes :

  • Renforcement du cadre juridique pour protéger les droits des femmes et des jeunes ;
  • Amélioration des compétences des professionnels de santé ;
  • Fourniture d’équipements médicaux adaptés ;
  • Création de cliniques spécialisées pour les jeunes ;
  • Production de données fiables pour guider les politiques publiques.

« Ce projet s’inscrit pleinement dans notre plan stratégique national. Nous avons formé des magistrats aux nouvelles directives de l’OMS, lancé un observatoire national de la santé, et renforcé le suivi des décès maternels », détaille le Dr N’Tji Keita, responsable du Département santé de la mère et de l’enfant à l’Office National de la Santé de la Reproduction.

Au-delà de l’appui technique, l’OMS joue un rôle clé dans la coordination et la supervision des initiatives. Grâce à son accompagnement, le Mali dispose désormais de son premier bulletin national sur les indicateurs de santé sexuelle et reproductive, ainsi que des Comptes nationaux de la santé 2022. Ces outils permettent d’analyser les progrès et d’orienter les décisions stratégiques.

Le Dr Sylla Ousmane, responsable du Programme santé sexuelle et reproductive au bureau de l’OMS au Mali, précise : « Nous avons soutenu la création d’une clinique Mère-Enfant-Adolescent à Sikasso, offrant des services intégrés de planification familiale et de prise en charge des violences basées sur le genre. Une équipe mobile est également déployée dans la zone humanitaire de Macina pour toucher les populations les plus vulnérables. »

Des sages-femmes formées, des vies sauvées : le cœur du changement

Les sages-femmes, formées et motivées, sont au cœur de cette transformation. Leur engagement et leur montée en compétences ont permis d’améliorer significativement la qualité des soins prodigués aux jeunes filles. Aïssata, sage-femme au centre de santé communautaire de Kebila, témoigne : « J’ai suivi plusieurs formations sur la consultation prénatale recentrée, la planification familiale, la prise en charge des IST/VIH/sida, et la prescription médicale. Cela a transformé ma pratique et m’a permis d’accueillir les jeunes femmes avec bienveillance et sans jugement. »

Assetou, sage-femme mentor à Yanfolila, à environ 160 km au sud de Bamako, confirme : « Ces formations ont radicalement changé ma façon de travailler, notamment en matière d’écoute active, de disponibilité et de respect du consentement ». Entre 2019 et 2025, le nombre de jeunes et d’adolescents ayant bénéficié de services de santé sexuelle et reproductive dans son centre est passé de 2 330 à 5 121.

Changer les mentalités, briser les tabous

Ces avancées se mesurent aussi dans les comportements. Grâce aux campagnes de sensibilisation dans les écoles, aux émissions radiophoniques sur la sexualité, et à la formation des prestataires à l’écoute et au respect, les jeunes filles osent désormais consulter. Le dialogue s’installe, les tabous s’estompent, et la confiance grandit. Kadidia en témoigne : « La sage-femme qui m’a reçue m’a mise en confiance dès le premier contact. Elle m’a écoutée sans me juger et m’a prodigué des conseils avisés. Ces services sont essentiels pour notre bien-être. Je veux encourager toutes les jeunes filles à franchir le pas : il ne faut pas avoir peur, ces centres sont là pour nous aider. »

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Pour toute demande d’informations ou d’interviews :
Kadijah Diallo

Chargée de communication
Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique
Email: dialloka [at] who.int (dialloka[at]who[dot]int)

CISSE Abdoulaye

Assistant OMS (Bibliothèque)
Email: cissea [at] who.int (cissea[at]who[dot]int)