2 juin 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Sénégal : le remaniement politique peut-il sauver l’économie ?

Une restructuration institutionnelle éclair au sommet de l’État

Le Sénégal vient de traverser une période de mutations politiques d’une intensité rare. En l’espace de quelques jours seulement, l’exécutif a connu une transformation profonde, marquée par le départ d’Ousmane Sonko de la primature le 22 mai, suivi de son accession à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai. Entre-temps, la nomination d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô comme nouveau Premier ministre le 25 mai par le président Bassirou Diomaye Faye a achevé de redessiner la carte du pouvoir sénégalais, déplaçant de manière significative le centre de gravité de la gouvernance.

Une urgence financière face à une dette colossale

Ce basculement intervient alors que les indicateurs économiques virent au rouge. La nation se trouve dans une posture délicate, avec une dette publique culminant désormais à 132 % du PIB. Cette fragilité financière est accentuée par un contexte international instable : les tensions géopolitiques ayant mené au blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué un renchérissement massif des coûts énergétiques. Ce surcoût rend le remboursement du service de la dette de plus en plus incertain et complexe pour les finances publiques.

Le dialogue avec le FMI au cœur des enjeux

L’enjeu majeur de cette recomposition réside dans la future collaboration avec les bailleurs de fonds internationaux. Jusqu’à présent, les projets de restructuration économique préconisés par le Fonds monétaire international (FMI) se heurtaient à une opposition ferme, ou du moins à une grande réticence, de la part du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Cependant, la désignation d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô à la tête du gouvernement pourrait marquer un tournant et laisser entrevoir une évolution de la position gouvernementale face aux réformes exigées par les institutions financières mondiales.