26 mai 2026

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Sénégal : un nouveau cap politique avec la nomination d’Ahmadou Lo et l’enjeu législatif

Le paysage institutionnel du Sénégal connaît un bouleversement majeur ce matin. Avec l’installation d’un nouveau chef de gouvernement et l’élection attendue du président de l’Assemblée nationale, les équilibres du pouvoir sont en pleine redéfinition au sommet de l’État.

Ousmane Sonko, à Dakar, au Sénégal, le 2 avril 2024.

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo : un profil technique à la Primature

Pour succéder à Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye a porté son choix sur Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo. Ce dernier, qui occupait précédemment les fonctions de ministre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, est un expert reconnu des mécanismes financiers. Spécialiste de la macroéconomie, de la finance islamique et de la régulation bancaire, il est perçu comme l’homme de la situation pour redresser les finances publiques tout en menant à bien les projets de développement du pays.

Ce passage de témoin marque une transition entre le style de tribun de son prédécesseur et une gestion plus orientée vers la technicité administrative et économique, nécessaire pour stabiliser le budget national.

Le retour d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée ?

Pendant que le nouveau Premier ministre prend ses marques, l’attention se tourne vers l’hémicycle. L’Assemblée nationale se réunit ce mardi pour une séance qui pourrait voir la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, suivie de son éventuelle élection à la présidence de la chambre législative. Ce mouvement stratégique permettrait au leader du Pastef de conserver une influence majeure sur l’agenda politique, notamment concernant le vote du budget et les réformes de fond.

Le Pastef, fort de sa majorité écrasante de 130 sièges sur 165 obtenue en novembre 2024, dispose d’un levier considérable. Toutefois, cette opération soulève des interrogations juridiques. Des experts du droit parlementaire rappellent que le remplacement d’un député par un suppléant est normalement irréversible pour la durée de la législature. La validation ou non de son retour s’annonce donc comme un moment de haute tension politique.

Vers une cohabitation inédite et l’ombre de 2029

Si Ousmane Sonko accède à la tête du pouvoir législatif, le Sénégal entrerait dans une phase de cohabitation complexe au sein même de la majorité présidentielle. Cette dualité entre la présidence et l’Assemblée pourrait créer des frictions institutionnelles permanentes. En ligne de mire : l’échéance présidentielle de 2029, pour laquelle les ambitions semblent déjà se dessiner.

La question du futur gouvernement reste également en suspens. Le président Faye choisira-t-il des ministres fidèles à sa propre ligne ou maintiendra-t-il l’ancrage avec le Pastef ? Certains observateurs évoquent même l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale si le bras de fer devenait intenable, bien que ce scénario comporte des risques électoraux majeurs pour le chef de l’État. Le Sénégal, modèle de stabilité démocratique, s’apprête à tester la solidité de ses institutions face à ces nouveaux rapports de force.