11 mai 2026

Situation critique des transports au Mali avec blocage des routes

Au Mali, le blocage des axes routiers menant vers Bamako par les groupes djihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) aggrave la crise des transports. Cette situation, décidée après les attaques du 25 avril dernier ayant ciblé plusieurs localités du pays, perturbe gravement la circulation des voyageurs et des marchandises.

La semaine dernière, des dizaines de camions et véhicules de transport en direction de la capitale ont été réduits en cendres par les insurgés. Si certaines entreprises de transport maintiennent partiellement leurs activités, d’autres ont complètement stoppé leurs opérations, plongeant le pays dans une instabilité logistique sans précédent.

Vue aérienne de Bamako au Mali en 2026

des voyageurs piégés et des trajets rallongés

Le 11 mai dernier, une compagnie de transport réputée de Bamako, desservant plusieurs pays voisins, témoigne des difficultés rencontrées. Un bus en provenance de Nouakchott, en Mauritanie, a mis quatre jours pour rejoindre Bamako au lieu d’un trajet habituel. Mody, un migrant malien, raconte son périple :

« Nous sommes partis de Nouakchott jeudi à 7 heures du matin et sommes arrivés à Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont informés que la route était risquée. Résultat : nous avons passé trois nuits sur place. Dimanche, on nous a promis une escorte militaire, mais nous avons finalement démarré sans elle. À Diéma, nous avons appris que les bus qui nous avaient précédés avaient tous fait demi-tour, sur ordre des djihadistes du Jnim. »

Un responsable de la compagnie indique qu’une dizaine de leurs bus sont bloqués dans les pays voisins, et que deux d’entre eux ont été incendiés ce week-end sur les routes nationales.

des compagnies de transport en difficulté

Dans une autre compagnie reliant Bamako à des villes comme Ségou au centre du pays, les passagers subissent des retards prolongés. Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, attend depuis près d’une semaine un billet pour rentrer chez lui :

« Je devais retourner à Ségou pour présenter mes condoléances à la famille d’un proche. Toutes les compagnies m’ont répondu la même chose : plus de bus disponibles. La route est trop dangereuse. Si je ne trouve pas de véhicule, je devrai rester à Bamako chez des proches en attendant des jours meilleurs. »

Le gérant de cette entreprise confie, sous couvert d’anonymat, avoir perdu cinq de ses bus samedi dernier, brûlés par les hommes du Jnim. Face à cette situation, la compagnie a décidé de suspendre temporairement ses liaisons vers et depuis Bamako.

Le blocage des routes au Mali par les groupes armés plonge ainsi le pays dans une crise logistique majeure, affectant directement la vie quotidienne des Maliens et des voyageurs de passage.