27 mai 2026

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Tensions à Ouagadougou après l’arrestation de l’imam Mohamed Kindo

Une interpellation qui fragilise le climat social au Burkina Faso

Le climat s’alourdit dans la capitale burkinabè. L’arrestation de l’imam Mohamed Kindo, intervenue mardi aux alentours de 14 heures, a provoqué une onde de choc au sein de la communauté religieuse. Ce leader influent, figure majeure des musulmans sunnites, s’est retrouvé au centre d’une intervention musclée à la veille de la fête de la Tabaski.

Une série de mesures restrictives contestées

Cet événement s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes liées à la politique burkinabè de régulation des cultes. Le cœur de la discorde repose sur un projet de loi, validé en Conseil des ministres le 19 mars, visant à encadrer strictement les libertés religieuses. Ce texte prévoit notamment l’interdiction des pratiques de culte dans les espaces publics tels que les administrations, les centres hospitaliers ou les enceintes militaires.

L’imam Mohamed Kindo avait ouvertement critiqué ces nouvelles dispositions, rejoignant ainsi d’autres voix dissidentes. Avant lui, à la mi-avril, l’imam Mahmoud Barro avait été interpellé à Bobo Dioulasso dans des conditions similaires. Ces événements rappellent également le décès tragique du militant Mahamadi Baguian le 31 mars dernier, survenu après son arrestation par les forces de l’ordre à Ouagadougou.

Des heurts éclatent dans la capitale

L’annonce de l’arrestation de l’imam Kindo a immédiatement déclenché des mouvements de protestation. Des centaines de fidèles sont descendus dans les rues de Ouagadougou pour exprimer leur mécontentement. Ces manifestations ont donné lieu à des confrontations directes avec les forces de sécurité. Pour disperser les rassemblements en plein centre-ville, les autorités ont eu recours aux gaz lacrymogènes, marquant une étape supplémentaire dans l’éveil citoyen Burkina face aux décisions gouvernementales.

La situation reste particulièrement suivie dans tout le pays, alors que le débat sur la neutralité religieuse des services publics continue de diviser l’opinion au sein de l’actualité Burkina Faso.