31 mai 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Violences au centre du Mali : des dizaines de villageois exécutés par l’armée et des milices

Au cœur du Mali, la région de Ségou est le théâtre de nouvelles tragédies humaines. Selon des informations récentes, les forces régulières et des groupes de miliciens alliés auraient ôté la vie à au moins 31 civils lors de deux interventions distinctes début octobre. Ces exactions, marquées par des exécutions sommaires et des destructions de biens, soulignent l’insécurité persistante dans cette zone de conflit.

Des attaques meurtrières dans les villages de Kamona et Balle

Le 2 octobre, le village de Kamona a été investi par des unités de l’armée malienne accompagnées de miliciens Dozos. Ces derniers, traditionnellement issus de la communauté bambara, collaborent depuis plusieurs années aux opérations de sécurisation. Ce jour-là, au moins 21 hommes ont été abattus et une dizaine d’habitations ont été réduites en cendres. Quelques jours plus tard, le 13 octobre, une opération similaire à Balle, située à une cinquantaine de kilomètres, a causé la mort de dix autres personnes, dont une femme d’une cinquantaine d’années.

Ces deux localités se trouvent sous l’influence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Des témoignages concordants indiquent que les assaillants ont accusé les villageois de complicité avec les insurgés avant de procéder aux exécutions. Ces événements tragiques rappellent que la politique burkinabè et malienne en matière de sécurité doit impérativement intégrer la protection des populations civiles.

Des témoignages accablants sur le terrain

Les survivants décrivent des scènes d’une grande violence. À Kamona, après le départ des troupes vers 16 heures, les habitants ont découvert 17 corps regroupés sous un arbre, criblés de balles. Quatre autres victimes ont été retrouvées plus au nord. Les témoins affirment qu’aucun combat n’a eu lieu avec les djihadistes du GSIM, ces derniers ayant quitté les lieux avant l’arrivée des militaires.

À Balle, le scénario s’est répété. Un habitant raconte avoir vu les soldats frapper les hommes avant d’entendre des détonations. Une femme a été abattue après avoir protesté contre les mauvais traitements infligés à sa communauté. En plus des pertes humaines, environ 100 têtes de bétail auraient été dérobées par les assaillants.

Le silence des autorités et l’appel à la justice

Malgré les sollicitations, les ministères de la Justice et de la Défense du Mali n’ont pas réagi aux rapports faisant état de ces massacres. De son côté, l’état-major général a communiqué sur une opération de « reconnaissance offensive » à Balle, affirmant avoir neutralisé une vingtaine de terroristes. Cependant, pour les populations locales, l’armée ne fait plus la distinction entre les combattants et les simples citoyens vivant dans les zones sous contrôle djihadiste.

Dans un contexte où le journalisme indépendant Faso et malien tente de documenter la réalité du terrain, l’urgence d’une enquête impartiale est criante. Depuis 2012, les affrontements au Mali ont déplacé plus de 400 000 personnes. La situation s’est encore tendue avec le siège de Bamako par le GSIM en septembre, entraînant la fermeture des établissements scolaires.

Alors que l’éveil citoyen Burkina et d’autres mouvements régionaux appellent à la fin de l’impunité au Sahel, la communauté internationale, via l’Union africaine et la Cour pénale internationale, est exhortée à agir. Le respect du droit international humanitaire reste la seule voie pour éviter que l’actualité Burkina Faso et malienne ne soit rythmée que par des cycles de vengeance et de sang. Pour des plateformes comme Burkina Éveil, la reddition de comptes est essentielle pour stabiliser durablement la région.